Catégorie : 1er degré

 

Communiqué de presse…

Direction d’école : il est temps d’agir, Monsieur le Ministre…

 

            L’actualité a rappelé la situation particulièrement complexe de la direction d’école. En effet, le suicide d’une directrice d’école a de nouveau mis au grand jour les difficultés de la fonction.

            Après le temps du recueillement et de l’accompagnement des équipes fortement touchées, il est temps désormais de ré-ouvrir le dossier de la direction d’école.

            Depuis de nombreuses années, la CFTC-EPR est porteuse du projet de la création d’un statut du directeur d’école. La CFTC-EPR a fait émerger un constat partagé par de nombreux rapports ou missions parlementaires :

  • Les directeurs d’écoles sont submergés par de nombreuses tâches chronophages :
    • Pilotage pédagogique
    • Suivi des élèves
    • Relations avec les parents
    • Relations avec les partenaires
    • Gestion de la sécurité
    • Vie quotidienne de l’école
  • Le directeur est reconnu par l’ensemble des utilisateurs de l’école comme le responsable mais n’est pas reconnu par le système.
  • Depuis deux ans, on assiste même à la suppression définitive des aides administratives à la direction.

 

            Il est désormais temps d’agir ! La CFTC-EPR demande à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale d’entendre enfin les demandes du terrain. La direction d’école doit être reconnue comme un métier. Les directeurs d’école veulent un statut définissant leur rôle, leurs responsabilités et les moyens mis à leur disposition. Ce statut doit s’intégrer dans un statut de l’école. L’école doit devenir un établissement public avec un responsable et des moyens de fonctionnement. C’est en ce sens que la CFTC-EPR adresse, ce jour, à Monsieur le Ministre, la lettre ouverte, ci-jointe.

            Le temps n’est plus à la consultation ! Le temps n’est plus à la création de comité de suivi !

Pour la CFTC-EPR, le temps est à l’action et à la prise de décision !

La CFTC-EPR demande donc à Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale de prendre ses responsabilités et d’agir pour la direction d’école.

La CFTC-EPR

lettre ouverte à m ministre éducation

Les dédoublements en CP et CE1 : bon ou mauvais choix ?

Débuté en septembre 2017, le dédoublement des classes de CP en REP+ est l’une des mesures phares du gouvernement en faveur de l’éducation prioritaire. Son objectif était d’atteindre 100% des élèves maîtrisant les enseignements fondamentaux. Elle s’est traduite par la création de 10 800 classes à effectif réduit de CP et de CE1 en REP+ et REP. A cette rentrée, elle bénéficie à 300 000 élèves, soit 20 % d’une classe d’âge. Pour le ministère, ce sont près de 20 000 postes qui seraient consacrés à ces dédoublements.

Les premiers résultats du dédoublement des CP en REP+ montrent que le dispositif est positif : il y a une réduction de l’écart entre les territoires les plus défavorisés et les autres.

Pour le gouvernement, les objectifs de la mesure de dédoublement des classes étaient aussi :

  • l’amélioration du climat scolaire dans les classes ;
  • l’amélioration des conditions de travail des professeurs ;
  • la personnalisation accrue des pratiques d’enseignement ;
  • le renforcement des formations et de l’accompagnement des professeurs.

Une étude de la DEPP (division des études du ministère) établit que ces objectifs ont été atteints.

Ce qui se prouverait sur le terrain. Car ce sont plus de 98% des professeurs disent qu’ils ont pu mieux identifier les besoins des élèves et donc mieux y répondre. Ou encore plus de 80 % d’entre eux qui ont constaté aussi une meilleure dynamique de la classe. D’autres décrivent des classes mieux disposées aux apprentissages scolaires : les élèves y sont plus attentifs, plus concentrés, plus efficaces dans leur travail, plus motivés et ils présentent moins de difficultés de comportement, de lecture et d’apprentissage…

Or sur le terrain ces résultats sont-ils aussi fameux ?

Selon une autre étude de la DEPP, publiée en janvier dernier, on constate une baisse de la proportion d’élèves en très grande difficulté dans les classes de REP+ dédoublées. « Le dispositif permet une baisse de cette proportion d’élèves de 7.8% pour le français et de 12.5% en maths », déclare l’étude. Sur 60 000 élèves de REP+, 24 000 auraient dû être en grande difficulté. Avec le dispositif il y a 2000 élèves de moins en très grande difficulté en français et 3000 en maths. Il en reste quand même 22 000 et 21 000 en grand difficulté.

Mais est-ce bien la réalité dans nos écoles ?

Une note synthétique de l’IPP sur l’effet de la réduction des classes, rédigée par Adrien Bouguen, Julien Grenet et Marc Gurgand, annonçait tout autres résultats.  » Le dédoublement de la taille des classes (de 24 à 12 élèves par classe) conduirait, d’après les études recensées dans cette note, à une amélioration des performances scolaires comprise entre 20 % et 30 % d’un écart-type ». C’est cet impact important qui, d’après les auteurs, justifie un investissement financier aussi important. Or au lieu de 20 à 30% d’écart type, le communiqué ministériel ne revendique que 8 % d’écart-type en français et 13% en mathématiques.

Pour le Ministère, cela laisse une nette marge de progression au système et « indique la direction à suivre ». C’est dans cette idée, qu’il est persuadé que les principaux maux de notre école ne sont pas liés à la dégradation du contexte social, mais à des pratiques inadaptées du côté des enseignants. Il indique donc que des « transformations pédagogiques plus importantes » devront accompagner le déploiement du dispositif afin de « donner sa pleine efficacité à la mesure de dédoublement ».

C’est pour cela que trois expérimentations ont été mises en place. Selon le ministère, elles vont permettre de démultiplier les résultats : le « plan lecture » de l’académie de Paris, le « projet Aile » du linguiste Alain Bentolila et le « projet lecture » de l’association Agir pour l’école.

Mais la question a aussi un volet politique. D’abord parce que plus de 5 000 postes d’enseignants ont été engloutis dans des dédoublements qui ne font pas leurs preuves. Ces postes ont été prélevés sur d’autres dispositifs et d’autres classes du primaire ou sur l’enseignement secondaire. On ne saura jamais si le dispositif des maitres +, par exemple, qui amenait les enseignants à travailler en équipe leur pédagogie n’aurait pas eu des résultats meilleurs que les dédoublements.

 

Finalement, est-ce que les conditions d’enseignement de milliers d’élèves et de leurs maitres ne se seraient pas dégradées avec ce dispositif ministériel ?

 

Quand parlerons-nous de la situation scolaire dégradée avant le CP et après le CE1 ?

Pourra-t-on convaincre les profs de se remettre en cause pour donner sa pleine efficacité à la mesure de dédoublement ?

Est-ce que ces premiers résultats vont être durables ?

Le gouvernement pourra-t-il atteindre les 100% de réussite promis aux familles ?

 

Il reste encore du chemin…

 

Fabrice POUDROUX

Evaluations CP et CE1…

 

Nous retrouvons cette année  pour la seconde fois les évaluations nationales pour chaque élève de CP et de CE1.

Rappelons les objectifs de ces évaluations :

– donner des repères aux enseignants pour aider les élèves à progresser

– permettre d’avoir localement des éléments pour aider les inspecteurs dans le pilotage de proximité

– ajuster les plans nationaux et académiques de formation et proposer des ressources pertinentes

Pour la CFTC-EPR, les objectifs paraissent clairs et sont pertinents, en théorie.

Sur le terrain, il en est autrement ! Ces évaluations ne satisfont pas les collègues. Et pour cause, force est de constater que rien n’est fait pour permettre d’analyser sereinement ces évaluations.

En premier lieu, la CFTC-EPR aurait espéré un bilan de la mise en place de ce dispositif afin d’améliorer cette passation.

La CFTC-EPR constate une fois de plus que le premier degré reste le parent pauvre de l’Education !

Et une fois de plus, le directeur d’école est le volontaire désigné, rouage indispensable, mais non reconnu de son administration, pour orchestrer la mise en place de ce remue-ménage dans son établissement !

Cela commence par le fait que certains directeurs se voient obligés de se rendre dans leurs inspections de circonscriptions voire dans leurs directions académiques pour prendre possession des livrets d’évaluations ! Le déplacement se faisant bien entendu sans ordre de mission et par voie de conséquence sans aucune indemnisation !

S’ensuit alors un moment que chaque directeur apprécie également lorsqu’il doit récupérer les identifiants concernant son établissement, paramétrer ensuite les classes qui permettront aux collègues d’enregistrer leurs résultats…

Viennent ensuite pour les collègues, les moments de corrections, de codage, mais aussi de transcription sur les plateformes sur internet ! Ces heures ne sont déduites de nulle part, mais bien effectives !

Des heures de passation … des heures de correction … des heures d’encodage qui permettent là aussi aux collègues de connaître des moments d’agacement lorsqu’il n’est tout simplement pas possible de se connecter ou d’atteindre le précieux sésame des 100 % corrigés (bien sûr avec une ligne internet chez soi, car peu d’écoles disposent encore à ce jour d’une ligne internet fiable) !

Il fut un temps où les corrections de ces mêmes évaluations nationales étaient rémunérées mais les temps ne sont plus ce qu’ils étaient … et cela se fait désormais sur un petit  « crédit » d’heures APC !

Il serait tout aussi intéressant d’évaluer le coût de l’impression des différents fascicules, du logiciel permettant la mise en place de ce dispositif…

Le Ministère évoque le fait que ces évaluations puissent affiner les informations fournies par la synthèse des compétences de chaque élève en Grande Section de maternelle.

Sur le terrain, la vision en est tout autre ! Aussi, ces évaluations sommatives ne correspondent pas aux attentes des enseignants !

La CFTC-EPR s’interroge ainsi : A quoi servent alors les conseils de cycles ? Etait-il judicieux de placer la Grande Section dans le cycle 1 et le Cours préparatoire dans le cycle 2 ? La liaison était certainement plus simple et plus logique en gardant l’ancienne organisation des cycles !

De plus, à quoi sert en maternelle le « Cahier de réussites, » tant vanté par l’ensemble du corps inspectoral et par les Conseillers pédagogiques,  allant pour certains, jusqu’à harceler des collègues qui refusaient d’effectuer la mise en place de cet « outil indispensable au bien des élèves » …

Les outils existent donc Monsieur le Ministre pour établir au mieux une synthèse des compétences de chaque élève. Nul besoin d’ajouter cette charge fastidieuse !

La CFTC-EPR vous demande de laisser faire les collègues, de leur faire confiance !

Oui, Monsieur le Ministre, ils seront tout à fait capables d’adapter leur pédagogie en fonction des besoins. Si ces derniers jugent qu’une évaluation diagnostique est nécessaire, ils la feront.


La CFTC-EPR demande à ce que les enseignants puissent cesser de travailler avec le sentiment de nourrir des statistiques que quelques chargés de missions au Ministère étudieront pour arriver à la conclusion que les enseignants font… mal leur travail !

Nous travaillons avec de l’humain pas avec des chiffres !

La CFTC-EPR revendique, une fois de plus, que l’on rétablissement la confiance dont les agents ont besoin pour mener à bien leurs missions.

Rassemblement du 3 octobre 2019 à Bobigny. La CFTC-EPR soutient le mouvement !

 
Un rassemblement se tiendra ce jeudi 3 octobre 2019 à 14h00 à Bobigny devant la DSDEN pour soutenir les représentants syndicaux lors du CHSCT (Comission Hygiène Sécurité et Conditions de Travail) et signaler la souffrance des directeurs d’école et des enseignants au quotidien.
 
La CFTC-EPR tient à informer qu’elle soutient ce mouvement désirant se retrouver à 14h00 ce jeudi 3 octobre 2019 devant la DSDEN.
 
La question de la « souffrance au travail », pour reprendre l’expression consacrée, n’a rien à voir avec la souffrance ou le mal-être personnel. Il s’agit bien de la conséquence d’une organisation du travail pathogène et des politiques éducatives ayant causée une perte de sens de notre métier.
 
D’ailleurs, le fait que notre collègue directrice se soit suicidée sur son lieu de travail, ainsi que le courrier rédigé sur un en-tête officiel et destiné au DASEN, avec les organisations syndicales en copie, l’attestent.
 
Pour la CFTC-EPR, il est important de rompre l’isolement des collègues en souffrance, de le rendre public et d’identifier les responsables de cette souffrance : nos décideurs.