Catégorie : 1er degré

 

Premier degré et gestion de la pandémie…

Une fois de plus au gré du virus, des variants et maintenant des sous-variants nous naviguons à vue espérant chaque jour ne pas avoir loupé un effet d’annonce modifiant le protocole en vigueur.

Si la gestion des gestes barrière (avec ou sans s selon votre humeur !) est acquise par chacun d’entre nous, que dire des mesures de ventilation et autres conséquences pratiques vécues quotidiennement…

Chaque jour un cas contact de plus ou de moins , un cas positif en moins dans une classe, en plus dans une autre et directeurs et professeurs jonglent dans l’imbroglio juridique pondu par les hautes sphères de l’Etat avec un seul mot d’ordre : y a qu’à, faut que …

Chaque jour directrices et directeurs, appellent au secours leur IEN afin de voir comment gérer telle classe non remplacée que l’on ne peut répartir pour éviter le sacro-saint brassage qui au demeurant n’existe que dans l’Education Nationale !

Il paraîtrait inimaginable de demander aux directeurs de centres commerciaux, aux responsables de centres de loisirs et sportifs, à toute autre administration de limiter le brassage par niveau !

Et en bons soldats que nous sommes, nous reprenons notre éternel leitmotiv « bidouillage et bricolage les deux mamelles de l’Education Nationale » qui permettent à cette immense entreprise de survivre…

« Ô rage ! ô désespoir ! »  comme disait Monsieur Corneille, verra-t-on un jour une amélioration venir ?

La CFTC-EPR continue de se battre à vos côtés pour qu’enfin des solutions pérennes soient trouvées afin d’aider directeurs et collègues enseignants dans leur métier.

Propositions dans le cadre de l’Education Prioritaire…

Lors de la rencontre avec la conseillère sociale territoire, Madame Nathalie VILACEQUE, en présence de l’IA DAASEN de la REUNION, Monsieur SALES, dans le cadre de la venue à la REUNION de la Secrétaire d’Etat, Madame Nathalie ELIMAS, la délégation de l’URS CFTC REUNION MAYOTTE, composée des responsables de la CFTC Enseignement Public et Recherche, ont pu échanger sur la situation de l’Education Prioritaire à la Réunion, et ont été force de proposition pour l’Education Prioritaire, en général.

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Salaire des enseignants (suite)

Salaire des enseignants, pourquoi une telle chute ?

Bernard Schwengler apporte plusieurs explications à cette baisse tendancielle :

  • La baisse de la valeur réelle du point d’indice avec la fin de l’indexation de la valeur du point d’indice sur l’inflation puis le gel du point d’indice depuis 2010. Ces deux mesures sont la première explication de la baisse.
  • La hausse des retenues sociales comme la CSG, la CRDS.
  • Le faible niveau de primes dans le salaire enseignant en comparaison par rapport à d’autres corps de la fonction publique d’Etat dont le tableau ci-dessous le prouve.

Tableau sur le taux de prime dans la fonction publique d’Etat de 1982 à 2009 (en % du traitement indiciaire brut) chez les cadres et professions intellectuelles supérieures (PIS). Source : Bernard Schwengler, Salaire des enseignants, la chute, ed L’Harmattan, 2021.

 

1982

1995

2002

2009

Ensemble des cadres et professions intellectuelles supérieures

14,00%

18,00%

16,00%

20,00%

1) Cadres non enseignants

22,00%

36,00%

46,00%

54,00%

Magistrats

20,00%

37,00%

     –

51,00%

Administrateurs civils

30,00%

40,00%

53,00%

64,00%

Ingénieurs des grands corps

36,00%

40,00%

58,00%

74,00%

Attachés et inspecteurs

18,00%

31,00%

40,00%

45,00%

2) Enseignants

9,00%

14,00%

10,00%

11,00%

Professeur des universités

3,00%

10,00%

8,00%

9,00%

Maître de conférences

6,00%

13,00%

9,00%

9,00%

Professeurs agrégés

16,00%

24,00%

18,00%

     –

Professeurs certifiés, professeurs des écoles et assimilés

11,00%

13,00%

9,00%

10,00%

Ce tableau est certes un peu long mais très éclairant sur la différence en termes de taux de prime entre les cadres enseignants et non enseignants.

Cette montée du taux de prime a permis aux cadres non enseignants de compenser les pertes de salaire et le gel progressif du point d’indices ce que n’ a pas permis le faible taux de primes des cadres enseignants.

Ce tableau éclaire aussi les enjeux sur la future ex réforme des retraites si elle est maintenue en l’état. Même en intégrant les taux de prime dans le calcul des pensions, celles des enseignants connaîtra une baisse sensible s’il n’y a pas de hausse sérieuse des salaires pour compenser.

Cette réforme des retraites serait la triple peine pour les enseignants après le gel du point d’indice et donc des salaires et le faible niveau de primes.

Le combat de la CFTC-EPR pour la revalorisation des salaires et donc une juste pension quand l’heure de la retraite sonne, est donc tout à fait sérieux et même essentiel pour l’attractivité future de nos métiers.

Un dernier mot sur la création de la classe exceptionnelle et l’élargissement de l’accès à la hors classe. Bernard Schwengler montre que la classe exceptionnelle permet à peine de rattraper le niveau de salaire de la hors classe dans les années 1980 et donc que l’allongement de la carrière et de l’accès aux classes supérieures est aussi un moyen de freiner l’avancement des salaires.

La CFTC-EPR, dans l’attente d’une véritable revalorisation des salaires, ne peut que porter le combat pour l’accès généralisé à la classe exceptionnelle pour l’ensemble des corps enseignants.

Salaire des enseignants : Quelle évolution depuis 20 ans ?

La question de l’évolution des salaires des enseignants revient régulièrement comme sujet de préoccupation.

Un ouvrage scientifique vient de sortir pour nous éclairer sur la question. Bernard Schwengler a fait un état des lieux très détaillé et particulièrement intéressant de l’évolution des salaires des enseignants depuis les années 2000.

Les alertes envoyées par les syndicats et notamment par la CFTC-EPR sur la baisse continue des salaires enseignants depuis plusieurs dizaines d’années se vérifient malheureusement à travers les tableaux publiés par ce chercheur et notamment celui ci-dessous :

Tableau sur l’évolution des salaires de décembre 2000 à décembre 2018 (en%) à différents niveaux d’ancienneté. Source (Bernard Schwengler, Salaire des enseignants, la chute, éd L’Harmattan).

 

Ière année d’enseignement

10e année

Fin de carrière

(CN)

Fin de carrière

(HC)

PU

-18,00%

-14,00%

-17,00%

-17,00%

MCF

-17,00%

-16,00%

-17,00%

-18,00%

PA

-11,00%

-16,00%

-17,00%

-17,00%

PCGPE

ND

-16,00%

-15,00%

-16,00%

PRC

-5,00%

-16,00%

-16,00%

-16,00%

PLP

-5,00%

-16,00%

-16,00%

-16,00%

PE

2,00%

-12,00%

-14,00%

-14,00%

CN = Classe normale. HC= Hors classe. PU : Professeur des universités. MCF =Maître de conférences. PCGPE = Professeur agrégé en classes préparatoires aux grandes écoles. PA = Professeur agrégé. PRC= Professeur certifié. PLP = Professeur des lycées professionnels. PE = Professeur des écoles.

La baisse des salaires est d’environ 1% par an sauf pour les enseignants en début de carrière grâce à des mesures de revalorisation mais qui n’ont pas stoppé cette baisse. Cette baisse tendancielle s’est accélérée à partir des années 2000 et s’est généralisée à tous les corps enseignants.

Ce rythme de baisse d’1% est soutenu et nécessite donc des mesures de compensation d’urgence comme le demande la CFTC-EPR depuis plusieurs années (Dégel du point d’indices, hausse des primes, révision de la loi sur les retraites…)