Catégorie : 1er degré

 

Allocation de formation

Le décret concernant la création d’une allocation de formation aux personnels enseignants relevant de l’éducation nationale dans le cadre de formations suivies pendant les périodes de vacance des classes a été enregistré au Journal officiel sous l’intitulé Décret n° 2019-935 du 6 septembre 2019.

Les actions de formation sont limitées à 5 jours par année scolaire.


L’administration est tenue de vous informer en début d’année scolaire des périodes de vacance de classes pendant lesquelles pourraient se dérouler de telles actions.

Le taux horaire de formation est fixé à 20 € bruts dans la limite de 60 € par demi-journée et 120 € par journée.  L’allocation n’est versée que lorsque la formation a été effectivement suivie en totalité.
Ce décret est applicable aux actions de formation réalisées à partir du 1er avril 2019.

La CFTC-EPR a un avis mitigé sur cette nouvelle offre de formation.

Pour rester objectifs, voyons les possibles aspects positifs :

– Possibilité d’accroître votre pouvoir d’achat,
– Possibilité de mettre des formations pour répondre aux besoins de chaque enseignant en la matière…

Mais la CFTC-EPR reste vigilante sur les possibles dérives suivantes :

– une généralisation des formations pendant les vacances scolaires…

– Une accumulation des formations sur le temps de vacances, réduisant de ce fait drastiquement les vacances des enseignants !

– Le prétexte de la formation sur le temps scolaire en tant que cheval de Troie pour mettre en place d’autres types d’intervention sur les vacances des enseignants comme les réunions diverses et variées…

 

La CFTC-EPR suivra ce dossier avec attention, afin que les conditions de travail des enseignants ne soient pas encore mises à mal !

Retraites, ce que la CFTC-EPR demande…

MOTION RETRAITE DE LA CFTC-EPR

 

CE QUE LA CFTC-EPR ACCEPTE

> une plus grande égalité au niveau des pensions, des cotisations, du calcul des retraites.

 

CE QUE LA CFTC-EPR REFUSE

> au nom de l’égalité, que les agents de l’Education Nationale soient dépouillés de leurs droits acquis par nos aïeuls dans la douleur 
> la double peine avec le changement du calcul de la pension de retraite qui ne serait plus sur les 6 derniers mois mais sur un nombre de points cotisés.

 

CE QUE LA CFTC-EPR VEUT

> une réforme qui soit équitable positivement sans qu’elle se fasse au détriment des agents du monde de l’Education,
> une meilleure répartition des richesses produites et que ces richesses produites servent en priorité à nos séniors,
> une augmentation immédiate de tous les salaires des enseignants,  des administratifs, des psychologues, personnels d’éducation, infirmiers, médecines, personnels sociaux, personnels administratifs, personnels techniques, inspecteurs et personnels de direction.

> Une intégration des indemnités de toutes sortes dans la revalorisation salariale et des compétences.

> une réelle réforme égalitaire basée sur l’euro cotisé : elle doit concerner tous les corps de métiers (y compris les hauts fonctionnaires, députés…),
> une notification rapide du point qui puisse être révisable mais uniquement à la hausse, qui soit indexé à l’inflation et qui soit fixé conjointement avec les partenaires sociaux,
> une prise en compte forfaitaire des études dans le calcul de la retraite,
> un nouveau calcul du temps de travail des enseignants du Premier Degré sur une base de 18h00, avec paiement de toutes les heures supplémentaires,
> une garantie de départ à la retraite à 62 ans,

> une comptabilisation des trimestres travaillés sans la modulation du temps de travail (si un agent exerce à 80% ou à 50%, que ses droits à la retraite soient les mêmes que s’il exerce à 100%),

> Une véritable évaluation d’impact sur l’ensemble des personnels de toutes catégories et de tous âges lors des négociations.

Communiqué de presse…

Direction d’école : il est temps d’agir, Monsieur le Ministre…

 

            L’actualité a rappelé la situation particulièrement complexe de la direction d’école. En effet, le suicide d’une directrice d’école a de nouveau mis au grand jour les difficultés de la fonction.

            Après le temps du recueillement et de l’accompagnement des équipes fortement touchées, il est temps désormais de ré-ouvrir le dossier de la direction d’école.

            Depuis de nombreuses années, la CFTC-EPR est porteuse du projet de la création d’un statut du directeur d’école. La CFTC-EPR a fait émerger un constat partagé par de nombreux rapports ou missions parlementaires :

  • Les directeurs d’écoles sont submergés par de nombreuses tâches chronophages :
    • Pilotage pédagogique
    • Suivi des élèves
    • Relations avec les parents
    • Relations avec les partenaires
    • Gestion de la sécurité
    • Vie quotidienne de l’école
  • Le directeur est reconnu par l’ensemble des utilisateurs de l’école comme le responsable mais n’est pas reconnu par le système.
  • Depuis deux ans, on assiste même à la suppression définitive des aides administratives à la direction.

 

            Il est désormais temps d’agir ! La CFTC-EPR demande à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale d’entendre enfin les demandes du terrain. La direction d’école doit être reconnue comme un métier. Les directeurs d’école veulent un statut définissant leur rôle, leurs responsabilités et les moyens mis à leur disposition. Ce statut doit s’intégrer dans un statut de l’école. L’école doit devenir un établissement public avec un responsable et des moyens de fonctionnement. C’est en ce sens que la CFTC-EPR adresse, ce jour, à Monsieur le Ministre, la lettre ouverte, ci-jointe.

            Le temps n’est plus à la consultation ! Le temps n’est plus à la création de comité de suivi !

Pour la CFTC-EPR, le temps est à l’action et à la prise de décision !

La CFTC-EPR demande donc à Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale de prendre ses responsabilités et d’agir pour la direction d’école.

La CFTC-EPR

lettre ouverte à m ministre éducation

Les dédoublements en CP et CE1 : bon ou mauvais choix ?

Débuté en septembre 2017, le dédoublement des classes de CP en REP+ est l’une des mesures phares du gouvernement en faveur de l’éducation prioritaire. Son objectif était d’atteindre 100% des élèves maîtrisant les enseignements fondamentaux. Elle s’est traduite par la création de 10 800 classes à effectif réduit de CP et de CE1 en REP+ et REP. A cette rentrée, elle bénéficie à 300 000 élèves, soit 20 % d’une classe d’âge. Pour le ministère, ce sont près de 20 000 postes qui seraient consacrés à ces dédoublements.

Les premiers résultats du dédoublement des CP en REP+ montrent que le dispositif est positif : il y a une réduction de l’écart entre les territoires les plus défavorisés et les autres.

Pour le gouvernement, les objectifs de la mesure de dédoublement des classes étaient aussi :

  • l’amélioration du climat scolaire dans les classes ;
  • l’amélioration des conditions de travail des professeurs ;
  • la personnalisation accrue des pratiques d’enseignement ;
  • le renforcement des formations et de l’accompagnement des professeurs.

Une étude de la DEPP (division des études du ministère) établit que ces objectifs ont été atteints.

Ce qui se prouverait sur le terrain. Car ce sont plus de 98% des professeurs disent qu’ils ont pu mieux identifier les besoins des élèves et donc mieux y répondre. Ou encore plus de 80 % d’entre eux qui ont constaté aussi une meilleure dynamique de la classe. D’autres décrivent des classes mieux disposées aux apprentissages scolaires : les élèves y sont plus attentifs, plus concentrés, plus efficaces dans leur travail, plus motivés et ils présentent moins de difficultés de comportement, de lecture et d’apprentissage…

Or sur le terrain ces résultats sont-ils aussi fameux ?

Selon une autre étude de la DEPP, publiée en janvier dernier, on constate une baisse de la proportion d’élèves en très grande difficulté dans les classes de REP+ dédoublées. « Le dispositif permet une baisse de cette proportion d’élèves de 7.8% pour le français et de 12.5% en maths », déclare l’étude. Sur 60 000 élèves de REP+, 24 000 auraient dû être en grande difficulté. Avec le dispositif il y a 2000 élèves de moins en très grande difficulté en français et 3000 en maths. Il en reste quand même 22 000 et 21 000 en grand difficulté.

Mais est-ce bien la réalité dans nos écoles ?

Une note synthétique de l’IPP sur l’effet de la réduction des classes, rédigée par Adrien Bouguen, Julien Grenet et Marc Gurgand, annonçait tout autres résultats.  » Le dédoublement de la taille des classes (de 24 à 12 élèves par classe) conduirait, d’après les études recensées dans cette note, à une amélioration des performances scolaires comprise entre 20 % et 30 % d’un écart-type ». C’est cet impact important qui, d’après les auteurs, justifie un investissement financier aussi important. Or au lieu de 20 à 30% d’écart type, le communiqué ministériel ne revendique que 8 % d’écart-type en français et 13% en mathématiques.

Pour le Ministère, cela laisse une nette marge de progression au système et « indique la direction à suivre ». C’est dans cette idée, qu’il est persuadé que les principaux maux de notre école ne sont pas liés à la dégradation du contexte social, mais à des pratiques inadaptées du côté des enseignants. Il indique donc que des « transformations pédagogiques plus importantes » devront accompagner le déploiement du dispositif afin de « donner sa pleine efficacité à la mesure de dédoublement ».

C’est pour cela que trois expérimentations ont été mises en place. Selon le ministère, elles vont permettre de démultiplier les résultats : le « plan lecture » de l’académie de Paris, le « projet Aile » du linguiste Alain Bentolila et le « projet lecture » de l’association Agir pour l’école.

Mais la question a aussi un volet politique. D’abord parce que plus de 5 000 postes d’enseignants ont été engloutis dans des dédoublements qui ne font pas leurs preuves. Ces postes ont été prélevés sur d’autres dispositifs et d’autres classes du primaire ou sur l’enseignement secondaire. On ne saura jamais si le dispositif des maitres +, par exemple, qui amenait les enseignants à travailler en équipe leur pédagogie n’aurait pas eu des résultats meilleurs que les dédoublements.

 

Finalement, est-ce que les conditions d’enseignement de milliers d’élèves et de leurs maitres ne se seraient pas dégradées avec ce dispositif ministériel ?

 

Quand parlerons-nous de la situation scolaire dégradée avant le CP et après le CE1 ?

Pourra-t-on convaincre les profs de se remettre en cause pour donner sa pleine efficacité à la mesure de dédoublement ?

Est-ce que ces premiers résultats vont être durables ?

Le gouvernement pourra-t-il atteindre les 100% de réussite promis aux familles ?

 

Il reste encore du chemin…

 

Fabrice POUDROUX