Catégorie : 1er degré

 

Maintenons les programmes actuels de la maternelles…

Une note d’analyse et de propositions du Conseil Supérieur des Programmes est sortie mi-décembre sur le programme d’enseignement de l’école maternelle.

Les programmes actuels qui datent de 2015 avaient reçu en majeure partie un accueil favorable de la communauté éducative.

Ces programmes ont l’avantage de fixer un équilibre entre les missions historiquement assignées à l’école maternelle.

Or cette note d’analyse définit un recadrage important de l’école maternelle : elle doit devenir « l’école des fondamentaux » et surtout permettre « une rentrée réussie au CP » en les préparant aux évaluations d’entrée à l’école élémentaire.

Dans cette note seuls le français, les maths et les sciences apparaissent. Plus rien n’est dit sur le domaine artistique et sur l’activité physique …

« Il ne faudrait pas que les élèves de maternelle perdent leur temps » comme le dit si bien madame Sylvie Plane, Professeure émérite de sciences du langage à l’Université de la Sorbonne.

On peut parler « d’obsession de la mesure et des tests » : on incite à mesurer les compétences des enfants dès l’âge de 3 ans !

Mais ce n’est pas cette maternelle là que nous voulons, Monsieur le Ministre ! Gardons les programmes de 2015 tels qu’ils sont écrits qui permettent un épanouissement de l’enfant tout en apprenant et en se socialisant.

Ce sont ça les fondamentaux ! Ne vous trompez pas d’objectif !

C’est pourquoi lors du dernier Conseil Supérieur de l’Education, la CFTC-EPR a émis le souhait que soient gardés les programmes actuels de l’école maternelle.

Comment revaloriser le métier d’enseignant ?

La revalorisation du métier d’enseignant est un vieux serpent de mer, jamais réellement résolu par les nombreux ministres de l’Education nationale qui se sont succédé depuis des années.

Cette revalorisation ne passe pas simplement par l’aspect financier même si un plan pluriannuel sera indispensable pour rattraper les quelques 20 à  30% de perte de pouvoir d’achat des enseignants depuis les années 1980.

Cette revalorisation suppose une vision globale de ce métier.

En premier lieu, il faudra réaffirmer la question du statut d’enseignant créé dans les années 1950. Ce statut permet de donner une autonomie aux enseignants dans leur travail. Cette autonomie, qui ne cesse d’être limitée depuis plus d’une dizaine d’années, est un facteur d’attractivité de ce métier. Les enseignants veulent rester des concepteurs de leur métier et non devenir de simples exécutants d’une pensée ministérielle.

Deuxièmement, si autonomie des établissements il doit y avoir, elle ne doit s’inscrire qu’en termes pédagogiques, en faisant du conseil pédagogique, une instance décisionnelle. Une co-construction réelle entre les personnels d’encadrement et les personnels enseignants du projet pédagogique permettra à chacun d’y apporter son regard professionnel dans le but de faire réussir nos élèves. Des moyens supplémentaires dans la DHG devront être donnés suivant les projets de l’établissement (co-enseignement, dédoublement de classes, orientation développée…).

Troisièmement, il faudra renforcer les moyens de formation continue des personnels qui sont très disparates d’une région à l’autre. Nombre de formations se font encore dans la capitale de région et une certaine délocalisation serait la bienvenue notamment dans des régions géographiquement très vastes. Un besoin de formation à renforcer également pour les collègues qui souhaiteraient une reconversion de carrière.

Pour la CFTC-EPR, il est nécessaire de recréer de l’attractivité pour nos métiers de l’enseignement.

La CFTC-EPR reste disponible pour débattre de ses propositions, faire avancer la réflexion et la rendre réalisable sur le terrain.

Pour des classes à 24 élèves…

« L’école est un levier essentiel d’égalité territoriale comme de justice sociale. »

Ces paroles prononcées par le Président de la République ne peuvent qu’être approuvées.
Après le dédoublement des classes de GS, CP et CE1 en éducation prioritaire, cette année, le Gouvernement a décidé de limiter à 24 l’effectif de ces mêmes niveaux hors éducation prioritaire (actuellement 38 % du total des classes de ces niveaux ont des effectifs supérieurs à 24).

Cette volonté se traduira par la création de 3000 à 5000 classes supplémentaires.

La priorité de cette rentrée était de faire bénéficier de ces mesures les plus forts effectifs au-dessus de 24. Pour la rentrée 2022, l’ensemble des classes sera concerné.

Pour la CFTC-EPR, cette mesure va dans la bonne direction : cette « mobilisation pédagogique pour la lecture et les mathématiques » ne pourra qu’améliorer les conditions de travail des élèves mais aussi des enseignants.

Une seule remarque. Il n’est pas question de « déshabiller Pierre pour rhabiller Paul ».

Il ne faudrait pas en effet qu’en voulant limiter les effectifs à 24, on augmente ces derniers dans les autres classes, voire, on refuse l’inscription d’élèves en TPS pour permettre cette nouvelle organisation pédagogique… Car là, ce « levier d’égalité territoriale et de justice sociale » perdrait tout son sens !

De plus, cette mesure peut montrer, si besoin était, l’accueil privilégié qui est réservé aux élèves dans l’apprentissage de la lecture dans le l’enseignement public.

Bilan du dispositif vacances apprenantes…

L’opération Vacances apprenantes ou le retour d’une expression latine : Mens sana in corpore sano (Un esprit sain dans un corps sain).

Durant cet été 2020, notre ministre a créé le dispositif Vacances apprenantes pour les élèves volontaires qui souhaitaient garder un lien avec le milieu scolaire. Ce dispositif s’est appuyé sur l’opération « Ecole ouverte » qui existe depuis de nombreuses années ou des stages en colonies de vacances pour offrir des cours de remise à niveau et une offre sportive et culturelle aux élèves inscrits.

L’objectif d’un million d’élèves inscrits a pratiquement été atteint cet été (950 000 selon le ministère) et ce dispositif mériterait d’être pérennisé et même amplifié.

En effet quoi de plus bénéfique pour nos élèves que des révisions et des remises à niveau en petit groupe, que des découvertes de régions et de milieux inhabituels, que la découverte de sports et d’activités en lien avec la nature qui suppose le dépassement et l’esprit d’équipe. 

La CFTC-EPR propose et soutiendra la poursuite de ces activités bénéfiques pour nos élèves.

 La CFTC-EPR propose le développement de bourses à projets pour les professeurs ou personnels volontaires de l’Education Nationale souhaitant créer un projet ou un voyage qui allie cette recherche d’exigence scolaire, de découverte de nos régions et de pratiques sportives qui exigent un dépassement de soi.

Une génération d’élèves qui apprennent, se dépassent et développent un esprit critique et de solidarité : Voilà des bases solides pour affronter la vie adulte !