Catégorie : Actualités

 

Bonnes vacances…

La CFTC-EPR vous souhaite de bonnes vacances.

La CFTC-EPR a déménagé…

La CFTC-EPR a déménagé pour s’installer dans de nouveaux locaux proches de la Place de la République.

Vous pouvez retrouver l’équipe de la CFTC-EPR à :

            CFTC-EPR, BOURSE DU TRAVAIL,            85 RUE CHARLOT, 75003 PARIS

Tel. 01 83 94 67 76

 

La CFTC-EPR se tient dés à présent à votre service :

  

« Il faut mieux payer nos professeurs… » (Jean Michel Blanquer, 2 juin 2020)

Cette phrase prononcée par notre ministre de l’Education nationale le 2 juin dernier sur une radio nationale sonne comme une évidence.

Les salaires des professeurs et plus généralement ceux de tous les personnels de notre ministère sont très dévalorisés depuis une quarantaine d’années.

Un seul exemple suffit : En 1976, le traitement d’un professeur débutant équivalait à 1,95 SMIC, aujourd’hui c’est à peine plus d’1,2 SMIC que gagne ce même enseignant en début de carrière. Même chose pour les fins de carrière, un enseignant gagnait 3,87 fois le SMIC en 1976 pour un peu plus de 2,7 fois le SMIC aujourd’hui.

Un célèbre proverbe dit « Quand je me regarde, je me désole, quand je regarde ailleurs, je me console ». Il n’en est rien quand nous nous comparons à nos voisins européens. Il suffit de regarder le tableau ci-dessous sur les salaires des enseignants en début et fin de carrière :

Salaire annuel brut en dollar US d’un enseignant selon l’OCDE en début et fin de carrière.

Pays Salaire début de carrière Salaire fin de carrière
Luxembourg 79551 138278
Allemagne 63554 83451
Danemark 45134 52182
Espagne 43565 61542
Pays bas 41308 84468
Autriche 40411 78495
Suède 37565 50964
Finlande 36081 46927
Irlande 33961 69306
Portugal 32886 65416
France 31002 54009
Italie 30738 46030
Slovénie 26822 48166

Le constat est éloquent. La France n’est qu’au 12e rang européen pour le traitement de ses professeurs. Même si ce tableau n’est qu’un indice de la situation actuelle et que chaque pays s’organise différemment, il est clair que notre métier a perdu énormément d’attractivité.

Comment faire pour retrouver de l’attractivité ?

Pour la CFTC-EPR, le combat pour le dégel du point d’indice et la revalorisation des carrières, restent une priorité. Pas d’attractivité nouvelle sans hausse programmée et continue sur plusieurs années du point d’indice. Retrouver un niveau de pouvoir d’achat équivalent à celui des années 1970 est le préalable avant tout nouvelle négociation sur l’organisation du métier d’enseignant.

A ce titre et dans ce contexte, la CFTC-EPR reste toujours opposée à une réforme des retraites qui abaisse de façon drastique les pensions des retraités de l’Education Nationale.

Avant tout, une réflexion doit s’effectuer.

Pour la CFTC-EPR, nos salaires doivent être revus à la hausse en deux étapes. Au préalable, il est plus que nécessaire d’augmenter les salaires pour s’aligner à minima sur ceux de nos voisins européens qui sont souvent pris en exemple. Une fois ceci effectué, dans un second temps, il est nécessaire de revoir tous ces salaires à la hausse réelle et sans équivoque, pour que soit maintenu le pouvoir d’achat des retraités !

La revalorisation promise, notamment les 500 millions pour les jeunes professeurs pour faire « passer la pilule » de la réforme des retraites est un premier pas mais elle doit être découplée de cette réforme et il ne sera évidemment pas suffisant si nous en restions là.

La CFTC-EPR propose également d’ouvrir plus largement les conditions d’accès à la classe exceptionnelle, nouvelle classe créée il y a quelques années. Aujourd’hui, il faut notamment 8 années effectuées en REP+ pour pouvoir y prétendre. La revalorisation des carrières passe par un accès plus facile à la classe exceptionnelle.

Enfin, si un enseignant volontaire souhaite s’investir davantage dans d’autres missions liées à son métier (référent culturel, coordinateur de niveaux, relation écoles primaires-collège…), il doit pouvoir le faire et les primes obtenues en échange du travail supplémentaire doivent être intégrées à sa future pension de retraite.

Un enseignant d’aujourd’hui est formé au niveau Bac +5 et est capable d’évoluer dans son métier au nom de l’intérêt des élèves qu’il a en charge. A notre institution de reconnaître la qualité de notre travail et de proposer à nouveau des carrières attractives pour attirer un maximum de jeunes toujours plus compétents et formés !

Vacances apprenantes…

À la suite des annonces de notre ministre de l’Education Nationale, un million d’élèves vont pouvoir bénéficier de « Vacances Apprenantes ». Ces vacances seront l’occasion pour ce million d’élèves de réduire les lacunes accumulées durant les périodes de confinement et de déconfinement. Il concernera tous les élèves qui sont en retard ou en décrochage scolaire. Il permettra aussi aux familles modestes d’envoyer sans dépenser le moindre euro leurs enfants en « vacances éducatives ».

L’Etat a débloqué un budget de 200 millions d’euros pour ce dispositif.

Ce dispositif se décline de 3 manières différentes :

  • des écoles ouvertes dans les villes et à la campagne,
  • des colonies de « vacances apprenantes »,
  • un accroissement de l’accueil en centre de loisirs.

Les écoles ouvertes disposeront de 2 dispositifs :

  • L’école « ouverte » qui accueillera des élèves du primaire, du collège et des lycées professionnels, dans les écoles ou les établissements de leur lieu de résidence. L’Etat fera appel au volontariat des enseignants et des communes.
  • L’école « ouverte buissonnière » qui accueillera des enfants de 6 à 17 ans dans des écoles ouvertes à la campagne ou en bord de mer pour aller à la découverte de la nature et du patrimoine local, ou de partir en mini-camps sous tente.

Au total l’école « ouverte » et l’école « ouverte buissonnière » comptent accueillir 400 000 élèves.

Les colonies de vacances apprenantes accueilleront 250 000 enfants.

L’Etat versera une aide exceptionnelle aux communes qui augmenteront la capacité d’accueil de leur centre de loisirs. Il espère que ces centres recevront 300 000 enfants.

Tous ces dispositifs répondent bien à un objectif pédagogique de lutte contre les retards et les risques de décrochage scolaire. Ils visent aussi à offrir la possibilité de partir en vacances à des enfants de familles modestes.

Sur ce point, la CFTC-EPR ne peut qu’être en accord avec notre Ministre.

Ce qui inquiète la CFTC-EPR, c’est la question du volontariat des enseignants.

Comment notre Ministre va-t-il trouver 25 000 enseignants après la crise que nous venons de traverser ?

Comment demander à des enseignants de retourner en classe pendant les vacances alors qu’ils ont dû mettre en place la continuité pédagogique à distance, qu’ils ont dû reprendre dans des conditions sanitaires strictes, qu’ils ont été volontaires pour accueillir les enfants des personnels prioritaires et que pour nombre d’entre eux ils n’ont pas eu ou n’ont eu que quelques jours de vacances depuis le mois de mars.

De même, que dire de la campagne de dénigrement que subissent les enseignants actuellement des médias, du ministre et de certains élus ? Peut-on penser que ce climat délétère soit propice à donner du courage aux enseignants ?

Actuellement les enseignants sont épuisés ou au bord du « burn-out ». Ils se demandent juste comment ils vont terminer l’année scolaire.

La CFTC-EPR demande que ce dispositif repose strictement sur le volontariat de tous les personnels : personnels enseignants et personnels de direction.

La CFTC-EPR tient à mettre en garde sur l’application stricte de ce volontariat.