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Direction d’école : du courage, Monsieur le Ministre…

Le ministre de l’Education Nationale nous informe, par l’intermédiaire du site ministériel, des mesures qu’il mettrait en place à partir de la rentrée 2020, en faveur des directeurs d’école.

Ces mesures sont les suivantes :

« Des mesures pour améliorer le quotidien des directeurs d’école : plus d’autonomie et moins de charges

  • Les outils à disposition des directeurs seront améliorés afin de simplifier le service, limiter les sollicitations et permettre de gagner du temps ;
  • Tout directeur d’école bénéficiera de deux jours de formation par an ;
  • Les directeurs départementaux (DASEN) pourront accorder des décharges ponctuelles complémentaires aux directeurs d’école ;
  • Les directeurs auront pleine autonomie dans la programmation et la mise en œuvre des 108 heures d’obligation de service ;
  • Ils disposeront désormais d’une visibilité sur le calendrier annuel des enquêtes de terrain demandées aux différents échelons. Par ailleurs ces enquêtes seront rationalisées et mieux coordonnées ;
  • Dans l’attente de travaux approfondis sur la rémunération et l’avancement, tous les directeurs d’écoles toucheront, à l’automne prochain, une indemnité supplémentaire exceptionnelle.

Ces mesures de simplification doivent permettre aux directeurs de se recentrer sur leur mission essentielle : le pilotage de leur école.

Des mesures pour mieux accompagner les directeurs d’école

  • Périodiquement un groupe départemental de directeurs d’école sera réuni afin d’évoquer les problèmes et les solutions applicables ;
  • Une fonction nouvelle de référent, dédiée aux directeurs d’école, sera consacrée pour les accompagner, les conseiller, dans l’exercice de leurs missions.
  • Les temps d’échanges entre pairs seront systématisés pour favoriser le développement professionnel continu, sur les temps d’animation pédagogique.
  • Un travail sera engagé en cours d’année sur la charte fonctionnelle de confiance entre inspecteurs de l’éducation nationale et directeurs.
  • Une aide administrative humaine renforcée :
    Dès la rentrée prochaine 12 500 jeunes du service civique viendront en appui dans les écoles notamment pour aider dans la relation avec les familles ;
    Un plan de recrutement par la voie de l’apprentissage est lancé.  Des étudiants en formation post-bac spécialisée dans l’accompagnement administratif (BTS, DUT), permettront aux directeurs d’école qui y auront recours de disposer d’une aide administrative professionnelle et durable ;
    La montée en puissance de la préprofessionnalisation se poursuit, avec 900 nouveaux recrutés, venant s’ajouter aux 700 de l’année dernière, qui peuvent désormais prendre en charge des petits groupes d’élèves, ce qui décharge d’autant les collègues professeurs et directeurs. »

Pour la CFTC-EPR, ces mesures ne sont que des mesurettes bien loin des attentes des directeurs et directrices d’école. Les directeurs et directrices d’école ont déjà exprimé de nombreuses fois leurs revendications ! De nombreux rapports le disent et vont dans le même sens ! Mais il semble que les gouvernements successifs ne comprennent pas ce qui est demandé ! Manque de courage, incompréhension, peur des de syndicats en perte de vitesse et d’adhérents…

Il est primordial d’accorder en priorité absolue un temps de décharge de 25% au minimum pour tous les directeurs. Cette exigence est la condition sine qua non pour nous permettre de discuter sérieusement avec vous Monsieur le Ministre.

Il ne nous apparaît pas non plus possible de valider l’octroi d’une indemnité exceptionnelle à l’automne prochain dont on ne connaîtrait absolument pas le montant.

Aussi, la CFTC-EPR rappelle ici ce que les directeurs et directrices d’école demandent : ils veulent en priorité un statut (n’en déplaise à certains syndicats en perdition qui ne représentent qu’eux-mêmes et non les directeurs d’école !) explicitant leurs droits, prérogatives, obligations, devoirs, moyens mis à leur disposition, ainsi que les limites de leurs missions. Ce statut doit être clairement défini et sans faille !

Nombreux sont les directeurs et directrices qui n’en peuvent plus et délaissent la fonction. Ils n’en peuvent plus d’être pris à parti pour tout sans aucune reconnaissance !

Les directeurs et directrices d’école avaient un espoir dans la proposition de loi leur instituant un emploi fonctionnel… L’histoire retiendra-t-elle la frilosité de nos dirigeants ?

Nous avons bien vu, durant la pandémie, le rôle pivot de la direction d’école et les limites de ses prérogatives ! A ce moment, face à la tâche et aux incertitudes, nombreux ont été les Recteurs, DAASEN et Secrétaires Généraux glorifiant les directeurs et directrices d’écoles, souhaitant qu’un statut de chef d’établissement leur soit attribué, pour faire fonctionner la machine du premier degré, critiquée par tous. Ces belles pensées sont restées dans les cartons, au grand désarroi de ceux qui sont sur le terrain au quotidien !

La CFTC-EPR demande à Monsieur le Ministre d’être courageux. Il lui revient d’attribuer aux directeurs et directrices d’école un début de statut, qui pourra être affiné plus tard, prenant en compte leurs attentes mais aussi celle des parents… Ces derniers demandent à rencontrer un responsable de l’école, au quotidien, pas un faisant fonction qui ne peut prendre aucune décision ni donner des réponses à leurs questions !

La CFTC-EPR ne peut accepter que des services civiques soient pris pour effectuer le secrétariat de l’école : leur statut n’est pas en adéquation avec ce poste, ils auront accès à des dossiers confidentiels sans formation, ils ne connaissent rien au secrétariat, ni au monde de l’éducation… Il est temps que notre gouvernement prenne de la hauteur dans ce dossier et prenne des décisions acceptables et honnêtes ! Comme nous l’avons maintes fois répété, il faut créer des emplois pérennes de secrétariat à l’image de ceux existant dans le secondaire.

De même, il est illusoire de penser qu’une charte fonctionnelle de confiance entre inspecteurs de l’éducation nationale et directeurs puisse résoudre les difficultés du quotidien, surtout lorsque qu’il n’y a pas d’égalité statutaire ! Il ne s’agit pas ici d’une histoire de confiance, mais bien de répartition du travail et de compétences. Pour la CFTC-EPR, chacun doit avoir sa fiche de poste sans que celle-ci soit commune. La CFTC-EPR demande à ce qu’un inspecteur s’occupe de la pédagogie dans les classes et qu’un directeur s’occupe de la partie dite de gestion et de pilotage de son établissement, sans avoir un chaperon pour l’empêcher de prendre les décisions nécessaires au service !

La délégation de compétences avancée par l’Assemblée Nationale va en ce sens mais reste interprétable encore une fois. Il serait plus judicieux de répartir les rôles et les moyens !

La CFTC-EPR revendique un texte simple, pour une application claire pour tous sur le terrain.

Ainsi, Monsieur le Ministre, la CFTC-EPR vous demande de doter les directeurs et directrices d’école de véritables moyens pour mener à bien leurs missions : un statut de la direction d’école, des moyens financiers, humains, et logistiques…

Bonnes vacances…

La CFTC-EPR vous souhaite de bonnes vacances.

La CFTC-EPR a déménagé…

La CFTC-EPR a déménagé pour s’installer dans de nouveaux locaux proches de la Place de la République.

Vous pouvez retrouver l’équipe de la CFTC-EPR à :

            CFTC-EPR, BOURSE DU TRAVAIL,            85 RUE CHARLOT, 75003 PARIS

Tel. 01 83 94 67 76

 

La CFTC-EPR se tient dés à présent à votre service :

  

« Il faut mieux payer nos professeurs… » (Jean Michel Blanquer, 2 juin 2020)

Cette phrase prononcée par notre ministre de l’Education nationale le 2 juin dernier sur une radio nationale sonne comme une évidence.

Les salaires des professeurs et plus généralement ceux de tous les personnels de notre ministère sont très dévalorisés depuis une quarantaine d’années.

Un seul exemple suffit : En 1976, le traitement d’un professeur débutant équivalait à 1,95 SMIC, aujourd’hui c’est à peine plus d’1,2 SMIC que gagne ce même enseignant en début de carrière. Même chose pour les fins de carrière, un enseignant gagnait 3,87 fois le SMIC en 1976 pour un peu plus de 2,7 fois le SMIC aujourd’hui.

Un célèbre proverbe dit « Quand je me regarde, je me désole, quand je regarde ailleurs, je me console ». Il n’en est rien quand nous nous comparons à nos voisins européens. Il suffit de regarder le tableau ci-dessous sur les salaires des enseignants en début et fin de carrière :

Salaire annuel brut en dollar US d’un enseignant selon l’OCDE en début et fin de carrière.

Pays Salaire début de carrière Salaire fin de carrière
Luxembourg 79551 138278
Allemagne 63554 83451
Danemark 45134 52182
Espagne 43565 61542
Pays bas 41308 84468
Autriche 40411 78495
Suède 37565 50964
Finlande 36081 46927
Irlande 33961 69306
Portugal 32886 65416
France 31002 54009
Italie 30738 46030
Slovénie 26822 48166

Le constat est éloquent. La France n’est qu’au 12e rang européen pour le traitement de ses professeurs. Même si ce tableau n’est qu’un indice de la situation actuelle et que chaque pays s’organise différemment, il est clair que notre métier a perdu énormément d’attractivité.

Comment faire pour retrouver de l’attractivité ?

Pour la CFTC-EPR, le combat pour le dégel du point d’indice et la revalorisation des carrières, restent une priorité. Pas d’attractivité nouvelle sans hausse programmée et continue sur plusieurs années du point d’indice. Retrouver un niveau de pouvoir d’achat équivalent à celui des années 1970 est le préalable avant tout nouvelle négociation sur l’organisation du métier d’enseignant.

A ce titre et dans ce contexte, la CFTC-EPR reste toujours opposée à une réforme des retraites qui abaisse de façon drastique les pensions des retraités de l’Education Nationale.

Avant tout, une réflexion doit s’effectuer.

Pour la CFTC-EPR, nos salaires doivent être revus à la hausse en deux étapes. Au préalable, il est plus que nécessaire d’augmenter les salaires pour s’aligner à minima sur ceux de nos voisins européens qui sont souvent pris en exemple. Une fois ceci effectué, dans un second temps, il est nécessaire de revoir tous ces salaires à la hausse réelle et sans équivoque, pour que soit maintenu le pouvoir d’achat des retraités !

La revalorisation promise, notamment les 500 millions pour les jeunes professeurs pour faire « passer la pilule » de la réforme des retraites est un premier pas mais elle doit être découplée de cette réforme et il ne sera évidemment pas suffisant si nous en restions là.

La CFTC-EPR propose également d’ouvrir plus largement les conditions d’accès à la classe exceptionnelle, nouvelle classe créée il y a quelques années. Aujourd’hui, il faut notamment 8 années effectuées en REP+ pour pouvoir y prétendre. La revalorisation des carrières passe par un accès plus facile à la classe exceptionnelle.

Enfin, si un enseignant volontaire souhaite s’investir davantage dans d’autres missions liées à son métier (référent culturel, coordinateur de niveaux, relation écoles primaires-collège…), il doit pouvoir le faire et les primes obtenues en échange du travail supplémentaire doivent être intégrées à sa future pension de retraite.

Un enseignant d’aujourd’hui est formé au niveau Bac +5 et est capable d’évoluer dans son métier au nom de l’intérêt des élèves qu’il a en charge. A notre institution de reconnaître la qualité de notre travail et de proposer à nouveau des carrières attractives pour attirer un maximum de jeunes toujours plus compétents et formés !