Catégorie : Actualités

 

Il est urgent d’agir pour sauver l’enseignement supérieur et la recherche…

Le 23 septembre dernier, les rapports de trois groupes de travail destinés à éclairer le gouvernement sur la future loi de programmation pluriannuelle pour la recherche ont été remis à Edouard Philippe et à Frédérique Vidal. Comme on pouvait s’y attendre, les experts ont relevé une situation préoccupante et portent un jugement sévère sur le système actuel.

 

Pour illustrer la situation, les chiffres parlent d’eux-mêmes (1) :

 

  • la France dépense 42,6 milliards de moins que l’Allemagne en recherche et développement, la part de la dépense publique représente 0,78 % du PIB en France contre 0,93 % en Allemagne,
  • les recrutements d’enseignants-chercheurs ont diminué d’au moins 36 % entre 2012 et 2018, tandis que les effectifs d’étudiants ont augmenté de 14 %,
  • les recrutements de chercheurs ont baissé de 27 % pendant cette même période,
  • le salaire des jeunes chercheurs français équivaut à 63 % de celui de la moyenne des pays de l’OCDE,
  • la France est classée au 7e rang mondial en termes de publications d’articles scientifiques.

 

Les experts estiment qu’il faudrait au minimum entre 2 et 3,6 milliards d’euros par an de financements supplémentaires pour les laboratoires, auxquels il faudrait ajouter 7 milliards pour la rénovation du patrimoine immobilier. Les experts recommandent d’augmenter les salaires des chercheurs au moyen de primes ainsi que ceux des doctorants.

 

La CFTC-EPR demande que ces recommandations soient appliquées.

 

Les experts recommandent d’expérimenter des contrats tels que des « CDI de mission scientifique ».  Ils proposent aussi de mettre en place une évaluation renforcée des laboratoires qui conduirait à des disparités de moyens et de rémunérations entre les chercheurs.

 

La CFTC-EPR n’approuve pas le recrutement de contractuels en CDD ou en CDI, déjà trop nombreux. Elle s’oppose à l’inégalité de moyens et de salaires entre les chercheurs.

(1) source : Le Monde 25/9/2019

Communiqué de presse…

Direction d’école : il est temps d’agir, Monsieur le Ministre…

 

            L’actualité a rappelé la situation particulièrement complexe de la direction d’école. En effet, le suicide d’une directrice d’école a de nouveau mis au grand jour les difficultés de la fonction.

            Après le temps du recueillement et de l’accompagnement des équipes fortement touchées, il est temps désormais de ré-ouvrir le dossier de la direction d’école.

            Depuis de nombreuses années, la CFTC-EPR est porteuse du projet de la création d’un statut du directeur d’école. La CFTC-EPR a fait émerger un constat partagé par de nombreux rapports ou missions parlementaires :

  • Les directeurs d’écoles sont submergés par de nombreuses tâches chronophages :
    • Pilotage pédagogique
    • Suivi des élèves
    • Relations avec les parents
    • Relations avec les partenaires
    • Gestion de la sécurité
    • Vie quotidienne de l’école
  • Le directeur est reconnu par l’ensemble des utilisateurs de l’école comme le responsable mais n’est pas reconnu par le système.
  • Depuis deux ans, on assiste même à la suppression définitive des aides administratives à la direction.

 

            Il est désormais temps d’agir ! La CFTC-EPR demande à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale d’entendre enfin les demandes du terrain. La direction d’école doit être reconnue comme un métier. Les directeurs d’école veulent un statut définissant leur rôle, leurs responsabilités et les moyens mis à leur disposition. Ce statut doit s’intégrer dans un statut de l’école. L’école doit devenir un établissement public avec un responsable et des moyens de fonctionnement. C’est en ce sens que la CFTC-EPR adresse, ce jour, à Monsieur le Ministre, la lettre ouverte, ci-jointe.

            Le temps n’est plus à la consultation ! Le temps n’est plus à la création de comité de suivi !

Pour la CFTC-EPR, le temps est à l’action et à la prise de décision !

La CFTC-EPR demande donc à Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale de prendre ses responsabilités et d’agir pour la direction d’école.

La CFTC-EPR

lettre ouverte à m ministre éducation

Contractuels, vous n’êtes pas des variables d’ajustement…

Cette rentrée encore, illustre le scandale du traitement des contractuels.

Combien ont attendu quelques jours avant la rentrée avant d’avoir une affectation, mettant fin pour ceux qui étaient reconduits, à deux mois sans salaire, d’angoisse quant à l’incertitude d’être repris ou pas, au gré des « trous », pardon des places vacantes dans les académies, qui pour la plupart étaient déjà prévues depuis plusieurs mois ?

Nombreux sont les contractuels qui passés par « le bizutage ». Ils ont acquis des compétences au gré de leurs postes dans divers établissements, divers services et prouvé, ce qui paraît primordial pour notre administration, qu’ils savent faire preuve de « flexibilité », qu’ils savent courber l’échine, pour accepter des postes loin de leur domicile, sur plusieurs établissements et accepter des contrats entrecoupés des vacances à avec un salaire au plus bas de l’échelle !

Est-ce à eux de payer pour les lacunes de l’organisation interne de notre politique de « ressources humaines » ? Ce sont les dégâts collatéraux de la politique aussi inhumaine et technocrate la qualifiant (Gestion prévisionnelles des emplois et des compétences).  Quelle est d’ailleurs « l’efficience » de cette politique menant à dégouter des contractuels compétents ? A-t-on quantifié le temps passé à former encore et toujours des nouveaux personnels et la qualité des services rendus avec des personnels non formés placés dans « des trous » ?

Est-ce à eux de payer pour les coupes budgétaires ? Les contractuels ont-ils des loyers et des factures à payer pendant les vacances ? Pourquoi ont-ils les salaires les plus bas de l’échelle alors qu’ils ont, pour la plupart, travaillé auparavant ?

N’est-ce pas un comble que le service public n’arrive pas à la cheville du privé concernant la dé précarisation des contrats à durée déterminée ? Est-ce acceptable que des contractuels restent pendant des années dans cette situation aussi précaire ?

La CFTC-EPR défend une égalité de traitement, avec une limitation du cumul des contrats à durée déterminée à l’instar du privé.

La CFTC-EPR exige le respect des contractuels. Ils permettent de « huiler » la grande machine de l’Education nationale et ils doivent être respectés comme personnes ayant une vie à vivre décemment, des compétences qui doivent être reconnues, un besoin de stabilité nécessaire pour se projeter dans un avenir à court et à moyen terme.

Pour la CFTC EPR, les contractuels, ne doivent pas être des variables d’ajustement. La CFTC-EPR exige qu’ils soient respectés en toute humanité !

Les dédoublements en CP et CE1 : bon ou mauvais choix ?

Débuté en septembre 2017, le dédoublement des classes de CP en REP+ est l’une des mesures phares du gouvernement en faveur de l’éducation prioritaire. Son objectif était d’atteindre 100% des élèves maîtrisant les enseignements fondamentaux. Elle s’est traduite par la création de 10 800 classes à effectif réduit de CP et de CE1 en REP+ et REP. A cette rentrée, elle bénéficie à 300 000 élèves, soit 20 % d’une classe d’âge. Pour le ministère, ce sont près de 20 000 postes qui seraient consacrés à ces dédoublements.

Les premiers résultats du dédoublement des CP en REP+ montrent que le dispositif est positif : il y a une réduction de l’écart entre les territoires les plus défavorisés et les autres.

Pour le gouvernement, les objectifs de la mesure de dédoublement des classes étaient aussi :

  • l’amélioration du climat scolaire dans les classes ;
  • l’amélioration des conditions de travail des professeurs ;
  • la personnalisation accrue des pratiques d’enseignement ;
  • le renforcement des formations et de l’accompagnement des professeurs.

Une étude de la DEPP (division des études du ministère) établit que ces objectifs ont été atteints.

Ce qui se prouverait sur le terrain. Car ce sont plus de 98% des professeurs disent qu’ils ont pu mieux identifier les besoins des élèves et donc mieux y répondre. Ou encore plus de 80 % d’entre eux qui ont constaté aussi une meilleure dynamique de la classe. D’autres décrivent des classes mieux disposées aux apprentissages scolaires : les élèves y sont plus attentifs, plus concentrés, plus efficaces dans leur travail, plus motivés et ils présentent moins de difficultés de comportement, de lecture et d’apprentissage…

Or sur le terrain ces résultats sont-ils aussi fameux ?

Selon une autre étude de la DEPP, publiée en janvier dernier, on constate une baisse de la proportion d’élèves en très grande difficulté dans les classes de REP+ dédoublées. « Le dispositif permet une baisse de cette proportion d’élèves de 7.8% pour le français et de 12.5% en maths », déclare l’étude. Sur 60 000 élèves de REP+, 24 000 auraient dû être en grande difficulté. Avec le dispositif il y a 2000 élèves de moins en très grande difficulté en français et 3000 en maths. Il en reste quand même 22 000 et 21 000 en grand difficulté.

Mais est-ce bien la réalité dans nos écoles ?

Une note synthétique de l’IPP sur l’effet de la réduction des classes, rédigée par Adrien Bouguen, Julien Grenet et Marc Gurgand, annonçait tout autres résultats.  » Le dédoublement de la taille des classes (de 24 à 12 élèves par classe) conduirait, d’après les études recensées dans cette note, à une amélioration des performances scolaires comprise entre 20 % et 30 % d’un écart-type ». C’est cet impact important qui, d’après les auteurs, justifie un investissement financier aussi important. Or au lieu de 20 à 30% d’écart type, le communiqué ministériel ne revendique que 8 % d’écart-type en français et 13% en mathématiques.

Pour le Ministère, cela laisse une nette marge de progression au système et « indique la direction à suivre ». C’est dans cette idée, qu’il est persuadé que les principaux maux de notre école ne sont pas liés à la dégradation du contexte social, mais à des pratiques inadaptées du côté des enseignants. Il indique donc que des « transformations pédagogiques plus importantes » devront accompagner le déploiement du dispositif afin de « donner sa pleine efficacité à la mesure de dédoublement ».

C’est pour cela que trois expérimentations ont été mises en place. Selon le ministère, elles vont permettre de démultiplier les résultats : le « plan lecture » de l’académie de Paris, le « projet Aile » du linguiste Alain Bentolila et le « projet lecture » de l’association Agir pour l’école.

Mais la question a aussi un volet politique. D’abord parce que plus de 5 000 postes d’enseignants ont été engloutis dans des dédoublements qui ne font pas leurs preuves. Ces postes ont été prélevés sur d’autres dispositifs et d’autres classes du primaire ou sur l’enseignement secondaire. On ne saura jamais si le dispositif des maitres +, par exemple, qui amenait les enseignants à travailler en équipe leur pédagogie n’aurait pas eu des résultats meilleurs que les dédoublements.

 

Finalement, est-ce que les conditions d’enseignement de milliers d’élèves et de leurs maitres ne se seraient pas dégradées avec ce dispositif ministériel ?

 

Quand parlerons-nous de la situation scolaire dégradée avant le CP et après le CE1 ?

Pourra-t-on convaincre les profs de se remettre en cause pour donner sa pleine efficacité à la mesure de dédoublement ?

Est-ce que ces premiers résultats vont être durables ?

Le gouvernement pourra-t-il atteindre les 100% de réussite promis aux familles ?

 

Il reste encore du chemin…

 

Fabrice POUDROUX