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Les 2S2C, un dispositif d’avenir ?

 I. Qu’est-ce que les 2S2C ?

Le sigle 2SC2C (Sport, Santé, Culture, Civisme) est un dispositif créé en mai dernier lors du déconfinement pour aider à la reprise des cours.

Le but est d’offrir aux élèves qui ne pourraient pas être accueillis en classe à cause du protocole sanitaire, des activités éducatives sur le temps scolaire en complément du travail en classe ou à la maison.

Ces activités sont assumées en priorité par les professeurs. L’Etat vient aider les collectivités qui souhaitent leur mise en place.

Ces 2S2C rappellent les TAP (temps d’activités périscolaires) que nous avons connus il y a quelques années. Les mairies devront assumer leur organisation, le recrutement des personnels et le paiement de ces derniers.

II. Les 2S2C ont-ils un avenir ?

Notre ministre de l’Education nationale a déclaré récemment que les 2S2C auront sûrement un avenir lors de la rentrée de septembre et qu’ils étaient une opportunité car le ministère souhaite développer davantage la pratique du sport et des enseignements artistiques.

Cela pose des questions si ce dispositif devient pérenne.

Quel intérêt d’avoir des animateurs remplaçants des enseignants pendant le temps scolaire pour enseigner des matières assumées au départ par les enseignants qui ont été formés pour cela ?

Quel réaménagement du temps scolaire pour intégrer ces 2S2C ?

Quelle place pour les enseignants qui seront tiraillés entre les exigences disciplinaires et hiérarchiques d’un côté et les volontés des mairies et des parents de l’autre ?

Ce dispositif qui part d’un bon sentiment, peut devenir un outil d’inégalité entre territoires. Les petites communes des milieux ruraux n’ont pas les mêmes moyens que les grandes communes ou les métropoles de notre pays.

L’aide de l’Etat qui est pour le moment de 110 euros par jour pour un groupe de 15 élèves reste insuffisante pour offrir des activités de qualité et éviter que cela ne soit à nouveau qu’une garderie…

Le ministre semble attiré par le modèle allemand de la classe le matin, avec des activités sportives, artistiques et culturelles l’après-midi.

Il faudra être attentif pour éviter d’avoir un système binaire, dans les années à venir :

  • Des enseignants se recentrant sur le « lire, écrire, compter » priorité du ministre.
  • Des animateurs payés par les mairies s’occupant des activités artistiques, culturelles et sportives.

Pour la CFTC-EPR, les 2S2C peuvent être une solution en temps de crise sanitaire, mais poseront nombre de questions et de débats quand une fois la crise sanitaire passée, ils seront le prétexte à une nouvelle réorganisation du temps scolaire dans le but inavoué de faire des économies….

La CFTC-EPR pose deux questions :

  • Quid des professeurs dans ces matières si on pérennise cette organisation ?
  • Quid de l’égalité sociale si les financements restent à la charge des municipalités ?

La CFTC-EPR sera très prudente concernant cette mise en place des 2S2C. Une fois encore, cette organisation créée à titre exceptionnel au cours de la pandémie que nous avons traversée ne doit rester qu’exceptionnel !

Arrêtez de dénigrer les enseignants !

Depuis plusieurs semaines, le genre de propos très largement répandus dans les médias ou même de certains personnels politiques fleurissent : « École au ralenti, où sont les profs ? », « Les enseignants ont-ils repris le chemin de l’École ? », « Abandon de poste… » On parle même de « profs décrocheurs » !

Il semblerait que l’adage « on voit la paille qui est dans l’œil du voisin, mais pas la poutre dans son œil » soit à propos actuellement !

La CFTC-EPR dénonce ces propos successifs qui sous-entendent que les enseignants refuseraient, et qu’ils en auraient la possibilité, de reprendre le travail et porteraient, ainsi seuls, la responsabilité du peu d’élèves présents dans les écoles et établissements scolaires.

Pour la CFTC EPR, il est inacceptable que les personnels de l’Éducation nationale subissent une campagne de critiques de la sorte. Elle rappelle que, comme tous les autres salariés, tous les personnels de l’Éducation nationale n’ont pas cessé de travailler durant la période de confinement afin d’assurer, entre autres, cette « continuité pédagogique » et le lien avec les familles qui ont très souvent loué l’engagement des personnels. Avec l’enseignement à distance, les enseignants ont dû faire face à de nombreux obstacles (problèmes techniques, difficultés à garder le lien avec les élèves), mais ont su se réinventer et adapter au mieux leurs pratiques pour les rendre opérationnelles avec ce nouveau mode d’enseignement.

Le faible nombre d’élèves accueillis quotidiennement n’est pas le fait ou de la responsabilité des personnels. En effet, cette situation découle directement et uniquement de la mise en application du protocole sanitaire instauré par le gouvernement et le ministère de l’Éducation nationale. C’est bien ce protocole, instauré pour garantir la santé des élèves et des personnels, qui impose le nombre d’élèves accueillis en un même lieu de travail et d’étude et donc une éventuelle rotation dans les classes des établissements scolaires.

De plus, il est à rappeler, fait indépendant de la volonté des enseignants, que certaines municipalités ont ouvert leurs établissements partiellement, ou retardé leur ouverture, instaurant parfois des quotas d’effectifs, pour répondre à la mise en place du protocole sanitaire, et que de nombreux parents n’ont pas souhaité que leur enfant revienne à l’école.

À l’heure de la reprise, mis à part les collègues considérés comme personnes vulnérables,  le nombre d’enseignants présents dans les établissements correspond au nombre d’élèves présents en fonction du protocole sanitaire ; les autres étant en télé-enseignement pour assurer justement la « continuité pédagogique » des élèves qui ne peuvent pas être accueillis dans les établissements scolaires.

La CFTC-EPR ne peut entendre ce discours délétère et ces propos qui dénigrent toute une profession et qui sont parfaitement injustes et inacceptables. Elle rappelle que les enseignants sont des fonctionnaires d’État avec des obligations et ne sont pas en capacité de refuser d’appliquer des mesures légales.
Nous rappelons aussi que ce sont des femmes et des hommes qui ont à cœur de faire réussir l’ensemble des élèves et ces derniers l’ont, si besoin était, prouvé en étant réactifs et disponibles pendant toute la période traversée et en s’adaptant au jour le jour à l’évolution du protocole sanitaire.

Enième rentrée scolaire !

Il faut désormais s’habituer à ce rythme soutenu des adaptations voulues par le Pouvoir en place…

Désormais, retour obligatoire le 22 juin pour tous les élèves des écoles et des collèges !

Allègement du protocole sanitaire mais attention particulière pour éviter les regroupements… Cela risque de devenir compliqué d’autoriser le retour de l’ensemble des élèves tout en maintenant l’interdiction de tout regroupement !

La CFTC-EPR pose les questions suivantes :

. Qui remplacera les enseignants dits « personnes vulnérables ? »

. Comment pourra-t-on accueillir tous les élèves en respectant un mètre de distance linéaire, lorsque l’on sait que de nombreuses écoles disposent de matériels archaïques comme les tables doubles, ou encore de petites salles de classe ?

Dans le cadre de la demande de retour obligatoire décrété par le gouvernement, la CFTC-EPR restera attentive quant aux réponses concrètes qui seront apportées dans les prochains jours sur l’allègement du protocole sanitaire.

Projet de loi créant la fonction de directeur d’école…

La CFTC-EPR se félicite de constater que l’on prenne enfin en compte la situation des directeurs d’école.

La proposition de loi créant la fonction de directeur d’école va en ce sens et de nombreuses propositions de la CFTC-EPR ont été retenues.

Un constat repris par ce projet fait maintenant l’unanimité : « La question de la reconnaissance des missions et responsabilités des directeurs d’école n’est pas nouvelle. Les directeurs d’école sont des enseignants qui assurent des responsabilités de direction en plus de leur charge d’enseignement dans 85 % des écoles, sans réel pouvoir de décision. » Tout est dit et rien n’a été fait depuis la mise en place du décret de 1989 notifiant les missions de la direction d’école. Pourtant, la voie a été tracée avec le Référentiel métier de 2014.

Malheureusement, aucune reconnaissance supplémentaire de ce métier ne s’est poursuivie, malgré les nombreux constats et les diverses propositions de lois…

La CFTC-EPR l’a dénoncé et il l’est rappelé dans ce projet : « La situation des directeurs d’école est étroitement liée à l’organisation même de l’école primaire française qui se caractérise par sa territorialité communale et sa variété. La France fait maintenant figure d’exception au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) par l’absence d’établissements (au sens juridique) et de chefs d’établissement dans l’enseignement primaire. »

Tous, parents, enseignants, institution et autres partenaires reconnaissent que le directeur d’école est un capitaine qui pilote un navire sans moyen, sans reconnaissance et sans pouvoir de décision. Ainsi, au quotidien, il est à l’écoute de chacun, comble au maximum les manques, panse les blessures, assume et orchestre sur le terrain ce qui est décidé dans les sphères ministérielles. Le directeur d’école endosse beaucoup de responsabilités et donne de sa personne ! Sa mission prend différentes colorations :  responsable quand rien ne va, un collègue comme un autre lorsque l’on ne veut pas l’écouter, directeur lorsque l’on veut se décharger de certaines actions ou responsabilités. Il fait le lien et parfois tampon entre l’administration, la municipalité, les parents, les collègues, tout ceci sans statut et payé avec quelques indemnités !

Pour les parents, c’est l’incompréhension quand le directeur n’a pas l’autorité pour résoudre de simples problèmes. Ils s’imaginent que la direction ne prend pas au sérieux leur demande.

Ce projet de loi actualise enfin la fonction de la direction d’école. Les directeurs d’école, nommés par le DASEN après une formation, auraient un emploi fonctionnel, non hiérarchique, et resteraient des professeurs des écoles.

Les décharges administratives seraient revues à la hausse et les écoles de plus de 8 classes disposeraient d’une décharge totale.

Le directeur serait décisionnaire pour assurer le bon fonctionnement de l’école et pourrait prendre des décisions en lien avec ses différentes missions.

L’indemnité de direction serait augmentée de 150 à 300 euros en fonction du nombre de classes de l’école.

Les écoles de plus de 20 classes pourraient disposer d’un adjoint à la direction.

Les écoles pourraient être dotées par la collectivité, d’une aide administrative.

Les APC seraient supprimées pour tous les directeurs et ces derniers bénéficieraient d’un allègement de certaines tâches administratives (élections, PPMS…).

Cependant, la CFTC-EPR est très déçue du manque de courage de notre ce groupe de réflexion : pourquoi se limiter à une loi créant une fonction, qui existe déjà, et ne pas créer un statut de la direction d’école ? Les directeurs d’école doivent bénéficier d’un statut qui définisse leurs devoirs, leurs droits, incluant les moyens tant humains, financiers, techniques que logistiques, leur permettant de représenter l’Education Nationale et de faire fonctionner les écoles dans toute la France. Ce statut est nécessaire pour les directeurs et directrices de toutes les écoles, peu importe le nombre de classes.

Le projet de loi n’est pas à la hauteur des attentes des directeurs d’école : absence de statut, absence de corps ou de grade, absence de mise à disposition de moyens humains, financiers, pour gérer au mieux l’établissement, de leviers utilisables par le directeur… Difficile de comprendre le mot décisionnaire sans moyen, sans légalité juridique…  

La gestion de crise du COVID-19 a montré la place essentielle de la direction d’école pour gérer la continuité pédagogique et organiser les reprises des écoles. Les directeurs ont permis l’efficacité de toutes ces actions. Le ministère et les académies ont loué le travail accompli. Cette courroie de transmission et d’organisation essentielle n’a pas failli et s’est montrée indispensable. 

La CFTC-EPR ne cesse de le rappeler : les directeurs attendent de la considération, et demandent à ce que leur métier soit reconnu, que l’on définisse les limites de leur champ d’intervention et qu’ils aient les moyens de mener à bien leurs missions. Cela passe obligatoirement par un statut !

Nous pourrions entendre :

« Un statut, dites-vous ? Mais malheureux… »

« Mais voyons, cela ne sert à rien ! Pourquoi changer ce qui fonctionne si bien à ce jour ! Tout va bien actuellement, Madame la marquise ! Cela serait contre-productif et on risquerait de créer des petits chefs ! L’IEN ne servirait plus à rien ! Ce serait laisser la porte ouverte au clientélisme ! Il faudrait payer ces directeurs à leur juste valeur, ça coûterait trop cher ! Les directeurs n’auraient plus peur de leur IEN ! Les syndicats sont contre et on ne peut les offenser ! Il faut comprendre qu’ils se retrouveraient face à un unique interlocuteur maîtrisant son sujet ! Les chefs d’établissements sont contre car les directeurs d’école deviendraient leurs égaux ! Ce n’est pas acceptable car il faut maintenir les catégories sociales entre premier et second degré ! Il faut éviter de leur donner des moyens qui leur permettrait de devenir de vrais responsables qui seraient toujours présents dans l’école et qui prendraient des décisions ! Le fonctionnement de l’école serait meilleur, alors comment détruire l’image de l’école publique ! Cela coûterait trop cher au gouvernement ! Il n’y a pas de budget pour cela ! »

Voici, en résumé, les excuses et motifs qui font qu’aucun gouvernement n’a eu le courage de mettre sur la table les véritables enjeux de la direction d’école et la nécessité d’accorder un statut identique à celui du chef d’établissement, auquel devrait s’ajouter le statut de l’école !

Pour la CFTC-EPR, il est plus qu’urgent de revoir cette copie pour que soient apportées des réponses concrètes aux directeurs et directrices d’école : des moyens humains, matériels et une reconnaissance financière à la hauteur du travail qu’ils effectuent au quotidien. Cela est primordial !

A cela, un triste constat pour lequel aucune solution n’a été apportée ce jour : les directeurs et directrices sont seuls !  Disposer de moyens humains à la hauteur de leurs missions ne peut suffire, il est nécessaire que tout directeur puisse avoir un accès direct à un espace juridique pouvant répondre, éclairer et conseiller, afin de pouvoir faire face à chaque situation qu’il rencontre.

Ce projet de loi a le mérite de rappeler les difficultés du métier de la direction et ses atouts. Il lui manque le courage d’écouter les directeurs et de mettre en texte leurs demandes.

La CFTC-EPR, plus que jamais, est déterminée à faire entendre la voix de ses adhérents et proposera lors des rencontres les différentes améliorations qui lui semblent nécessaires…

Pour les directeurs, pour l’école, la CFTC-EPR dit oui à :

  • Un STATUT de la direction d’école pour TOUTES les écoles,
  • Des moyens HUMAINS,
  • Des moyens FINANCIERS,
  • Une RECONNAISSANCE du METIER,
  • Une REVALORISATION SALARIALE.