Catégorie : Direction

 

Direction d’école : du courage, Monsieur le Ministre…

Le ministre de l’Education Nationale nous informe, par l’intermédiaire du site ministériel, des mesures qu’il mettrait en place à partir de la rentrée 2020, en faveur des directeurs d’école.

Ces mesures sont les suivantes :

« Des mesures pour améliorer le quotidien des directeurs d’école : plus d’autonomie et moins de charges

  • Les outils à disposition des directeurs seront améliorés afin de simplifier le service, limiter les sollicitations et permettre de gagner du temps ;
  • Tout directeur d’école bénéficiera de deux jours de formation par an ;
  • Les directeurs départementaux (DASEN) pourront accorder des décharges ponctuelles complémentaires aux directeurs d’école ;
  • Les directeurs auront pleine autonomie dans la programmation et la mise en œuvre des 108 heures d’obligation de service ;
  • Ils disposeront désormais d’une visibilité sur le calendrier annuel des enquêtes de terrain demandées aux différents échelons. Par ailleurs ces enquêtes seront rationalisées et mieux coordonnées ;
  • Dans l’attente de travaux approfondis sur la rémunération et l’avancement, tous les directeurs d’écoles toucheront, à l’automne prochain, une indemnité supplémentaire exceptionnelle.

Ces mesures de simplification doivent permettre aux directeurs de se recentrer sur leur mission essentielle : le pilotage de leur école.

Des mesures pour mieux accompagner les directeurs d’école

  • Périodiquement un groupe départemental de directeurs d’école sera réuni afin d’évoquer les problèmes et les solutions applicables ;
  • Une fonction nouvelle de référent, dédiée aux directeurs d’école, sera consacrée pour les accompagner, les conseiller, dans l’exercice de leurs missions.
  • Les temps d’échanges entre pairs seront systématisés pour favoriser le développement professionnel continu, sur les temps d’animation pédagogique.
  • Un travail sera engagé en cours d’année sur la charte fonctionnelle de confiance entre inspecteurs de l’éducation nationale et directeurs.
  • Une aide administrative humaine renforcée :
    Dès la rentrée prochaine 12 500 jeunes du service civique viendront en appui dans les écoles notamment pour aider dans la relation avec les familles ;
    Un plan de recrutement par la voie de l’apprentissage est lancé.  Des étudiants en formation post-bac spécialisée dans l’accompagnement administratif (BTS, DUT), permettront aux directeurs d’école qui y auront recours de disposer d’une aide administrative professionnelle et durable ;
    La montée en puissance de la préprofessionnalisation se poursuit, avec 900 nouveaux recrutés, venant s’ajouter aux 700 de l’année dernière, qui peuvent désormais prendre en charge des petits groupes d’élèves, ce qui décharge d’autant les collègues professeurs et directeurs. »

Pour la CFTC-EPR, ces mesures ne sont que des mesurettes bien loin des attentes des directeurs et directrices d’école. Les directeurs et directrices d’école ont déjà exprimé de nombreuses fois leurs revendications ! De nombreux rapports le disent et vont dans le même sens ! Mais il semble que les gouvernements successifs ne comprennent pas ce qui est demandé ! Manque de courage, incompréhension, peur des de syndicats en perte de vitesse et d’adhérents…

Il est primordial d’accorder en priorité absolue un temps de décharge de 25% au minimum pour tous les directeurs. Cette exigence est la condition sine qua non pour nous permettre de discuter sérieusement avec vous Monsieur le Ministre.

Il ne nous apparaît pas non plus possible de valider l’octroi d’une indemnité exceptionnelle à l’automne prochain dont on ne connaîtrait absolument pas le montant.

Aussi, la CFTC-EPR rappelle ici ce que les directeurs et directrices d’école demandent : ils veulent en priorité un statut (n’en déplaise à certains syndicats en perdition qui ne représentent qu’eux-mêmes et non les directeurs d’école !) explicitant leurs droits, prérogatives, obligations, devoirs, moyens mis à leur disposition, ainsi que les limites de leurs missions. Ce statut doit être clairement défini et sans faille !

Nombreux sont les directeurs et directrices qui n’en peuvent plus et délaissent la fonction. Ils n’en peuvent plus d’être pris à parti pour tout sans aucune reconnaissance !

Les directeurs et directrices d’école avaient un espoir dans la proposition de loi leur instituant un emploi fonctionnel… L’histoire retiendra-t-elle la frilosité de nos dirigeants ?

Nous avons bien vu, durant la pandémie, le rôle pivot de la direction d’école et les limites de ses prérogatives ! A ce moment, face à la tâche et aux incertitudes, nombreux ont été les Recteurs, DAASEN et Secrétaires Généraux glorifiant les directeurs et directrices d’écoles, souhaitant qu’un statut de chef d’établissement leur soit attribué, pour faire fonctionner la machine du premier degré, critiquée par tous. Ces belles pensées sont restées dans les cartons, au grand désarroi de ceux qui sont sur le terrain au quotidien !

La CFTC-EPR demande à Monsieur le Ministre d’être courageux. Il lui revient d’attribuer aux directeurs et directrices d’école un début de statut, qui pourra être affiné plus tard, prenant en compte leurs attentes mais aussi celle des parents… Ces derniers demandent à rencontrer un responsable de l’école, au quotidien, pas un faisant fonction qui ne peut prendre aucune décision ni donner des réponses à leurs questions !

La CFTC-EPR ne peut accepter que des services civiques soient pris pour effectuer le secrétariat de l’école : leur statut n’est pas en adéquation avec ce poste, ils auront accès à des dossiers confidentiels sans formation, ils ne connaissent rien au secrétariat, ni au monde de l’éducation… Il est temps que notre gouvernement prenne de la hauteur dans ce dossier et prenne des décisions acceptables et honnêtes ! Comme nous l’avons maintes fois répété, il faut créer des emplois pérennes de secrétariat à l’image de ceux existant dans le secondaire.

De même, il est illusoire de penser qu’une charte fonctionnelle de confiance entre inspecteurs de l’éducation nationale et directeurs puisse résoudre les difficultés du quotidien, surtout lorsque qu’il n’y a pas d’égalité statutaire ! Il ne s’agit pas ici d’une histoire de confiance, mais bien de répartition du travail et de compétences. Pour la CFTC-EPR, chacun doit avoir sa fiche de poste sans que celle-ci soit commune. La CFTC-EPR demande à ce qu’un inspecteur s’occupe de la pédagogie dans les classes et qu’un directeur s’occupe de la partie dite de gestion et de pilotage de son établissement, sans avoir un chaperon pour l’empêcher de prendre les décisions nécessaires au service !

La délégation de compétences avancée par l’Assemblée Nationale va en ce sens mais reste interprétable encore une fois. Il serait plus judicieux de répartir les rôles et les moyens !

La CFTC-EPR revendique un texte simple, pour une application claire pour tous sur le terrain.

Ainsi, Monsieur le Ministre, la CFTC-EPR vous demande de doter les directeurs et directrices d’école de véritables moyens pour mener à bien leurs missions : un statut de la direction d’école, des moyens financiers, humains, et logistiques…

Projet de loi créant la fonction de directeur d’école…

La CFTC-EPR se félicite de constater que l’on prenne enfin en compte la situation des directeurs d’école.

La proposition de loi créant la fonction de directeur d’école va en ce sens et de nombreuses propositions de la CFTC-EPR ont été retenues.

Un constat repris par ce projet fait maintenant l’unanimité : « La question de la reconnaissance des missions et responsabilités des directeurs d’école n’est pas nouvelle. Les directeurs d’école sont des enseignants qui assurent des responsabilités de direction en plus de leur charge d’enseignement dans 85 % des écoles, sans réel pouvoir de décision. » Tout est dit et rien n’a été fait depuis la mise en place du décret de 1989 notifiant les missions de la direction d’école. Pourtant, la voie a été tracée avec le Référentiel métier de 2014.

Malheureusement, aucune reconnaissance supplémentaire de ce métier ne s’est poursuivie, malgré les nombreux constats et les diverses propositions de lois…

La CFTC-EPR l’a dénoncé et il l’est rappelé dans ce projet : « La situation des directeurs d’école est étroitement liée à l’organisation même de l’école primaire française qui se caractérise par sa territorialité communale et sa variété. La France fait maintenant figure d’exception au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) par l’absence d’établissements (au sens juridique) et de chefs d’établissement dans l’enseignement primaire. »

Tous, parents, enseignants, institution et autres partenaires reconnaissent que le directeur d’école est un capitaine qui pilote un navire sans moyen, sans reconnaissance et sans pouvoir de décision. Ainsi, au quotidien, il est à l’écoute de chacun, comble au maximum les manques, panse les blessures, assume et orchestre sur le terrain ce qui est décidé dans les sphères ministérielles. Le directeur d’école endosse beaucoup de responsabilités et donne de sa personne ! Sa mission prend différentes colorations :  responsable quand rien ne va, un collègue comme un autre lorsque l’on ne veut pas l’écouter, directeur lorsque l’on veut se décharger de certaines actions ou responsabilités. Il fait le lien et parfois tampon entre l’administration, la municipalité, les parents, les collègues, tout ceci sans statut et payé avec quelques indemnités !

Pour les parents, c’est l’incompréhension quand le directeur n’a pas l’autorité pour résoudre de simples problèmes. Ils s’imaginent que la direction ne prend pas au sérieux leur demande.

Ce projet de loi actualise enfin la fonction de la direction d’école. Les directeurs d’école, nommés par le DASEN après une formation, auraient un emploi fonctionnel, non hiérarchique, et resteraient des professeurs des écoles.

Les décharges administratives seraient revues à la hausse et les écoles de plus de 8 classes disposeraient d’une décharge totale.

Le directeur serait décisionnaire pour assurer le bon fonctionnement de l’école et pourrait prendre des décisions en lien avec ses différentes missions.

L’indemnité de direction serait augmentée de 150 à 300 euros en fonction du nombre de classes de l’école.

Les écoles de plus de 20 classes pourraient disposer d’un adjoint à la direction.

Les écoles pourraient être dotées par la collectivité, d’une aide administrative.

Les APC seraient supprimées pour tous les directeurs et ces derniers bénéficieraient d’un allègement de certaines tâches administratives (élections, PPMS…).

Cependant, la CFTC-EPR est très déçue du manque de courage de notre ce groupe de réflexion : pourquoi se limiter à une loi créant une fonction, qui existe déjà, et ne pas créer un statut de la direction d’école ? Les directeurs d’école doivent bénéficier d’un statut qui définisse leurs devoirs, leurs droits, incluant les moyens tant humains, financiers, techniques que logistiques, leur permettant de représenter l’Education Nationale et de faire fonctionner les écoles dans toute la France. Ce statut est nécessaire pour les directeurs et directrices de toutes les écoles, peu importe le nombre de classes.

Le projet de loi n’est pas à la hauteur des attentes des directeurs d’école : absence de statut, absence de corps ou de grade, absence de mise à disposition de moyens humains, financiers, pour gérer au mieux l’établissement, de leviers utilisables par le directeur… Difficile de comprendre le mot décisionnaire sans moyen, sans légalité juridique…  

La gestion de crise du COVID-19 a montré la place essentielle de la direction d’école pour gérer la continuité pédagogique et organiser les reprises des écoles. Les directeurs ont permis l’efficacité de toutes ces actions. Le ministère et les académies ont loué le travail accompli. Cette courroie de transmission et d’organisation essentielle n’a pas failli et s’est montrée indispensable. 

La CFTC-EPR ne cesse de le rappeler : les directeurs attendent de la considération, et demandent à ce que leur métier soit reconnu, que l’on définisse les limites de leur champ d’intervention et qu’ils aient les moyens de mener à bien leurs missions. Cela passe obligatoirement par un statut !

Nous pourrions entendre :

« Un statut, dites-vous ? Mais malheureux… »

« Mais voyons, cela ne sert à rien ! Pourquoi changer ce qui fonctionne si bien à ce jour ! Tout va bien actuellement, Madame la marquise ! Cela serait contre-productif et on risquerait de créer des petits chefs ! L’IEN ne servirait plus à rien ! Ce serait laisser la porte ouverte au clientélisme ! Il faudrait payer ces directeurs à leur juste valeur, ça coûterait trop cher ! Les directeurs n’auraient plus peur de leur IEN ! Les syndicats sont contre et on ne peut les offenser ! Il faut comprendre qu’ils se retrouveraient face à un unique interlocuteur maîtrisant son sujet ! Les chefs d’établissements sont contre car les directeurs d’école deviendraient leurs égaux ! Ce n’est pas acceptable car il faut maintenir les catégories sociales entre premier et second degré ! Il faut éviter de leur donner des moyens qui leur permettrait de devenir de vrais responsables qui seraient toujours présents dans l’école et qui prendraient des décisions ! Le fonctionnement de l’école serait meilleur, alors comment détruire l’image de l’école publique ! Cela coûterait trop cher au gouvernement ! Il n’y a pas de budget pour cela ! »

Voici, en résumé, les excuses et motifs qui font qu’aucun gouvernement n’a eu le courage de mettre sur la table les véritables enjeux de la direction d’école et la nécessité d’accorder un statut identique à celui du chef d’établissement, auquel devrait s’ajouter le statut de l’école !

Pour la CFTC-EPR, il est plus qu’urgent de revoir cette copie pour que soient apportées des réponses concrètes aux directeurs et directrices d’école : des moyens humains, matériels et une reconnaissance financière à la hauteur du travail qu’ils effectuent au quotidien. Cela est primordial !

A cela, un triste constat pour lequel aucune solution n’a été apportée ce jour : les directeurs et directrices sont seuls !  Disposer de moyens humains à la hauteur de leurs missions ne peut suffire, il est nécessaire que tout directeur puisse avoir un accès direct à un espace juridique pouvant répondre, éclairer et conseiller, afin de pouvoir faire face à chaque situation qu’il rencontre.

Ce projet de loi a le mérite de rappeler les difficultés du métier de la direction et ses atouts. Il lui manque le courage d’écouter les directeurs et de mettre en texte leurs demandes.

La CFTC-EPR, plus que jamais, est déterminée à faire entendre la voix de ses adhérents et proposera lors des rencontres les différentes améliorations qui lui semblent nécessaires…

Pour les directeurs, pour l’école, la CFTC-EPR dit oui à :

  • Un STATUT de la direction d’école pour TOUTES les écoles,
  • Des moyens HUMAINS,
  • Des moyens FINANCIERS,
  • Une RECONNAISSANCE du METIER,
  • Une REVALORISATION SALARIALE.

L’employeur public est garant de la santé, du bien -être et de la sécurité au travail de ses agents…

 Monsieur le Ministre,

Il est aisé de lire cette phrase sur le site de l’Education Nationale à l’adresse https://www.education.gouv.fr/cid4253/sante-bien-etre-securite-travail.html.

La CFTC-EPR s’interroge sur la mise en place de cette obligation, dans l’Education Nationale.

En effet, depuis de nombreuses années, le mal être des enseignants ne cesse de progresser.

Tout récemment, Madame RENON, directrice d’école maternelle à Pantin, l’a encore exprimé, avant de mourir, dans son courrier transmis à sa hiérarchie. Par ses mots, elle a exprimé ce que vivent, au quotidien, les enseignants, leurs ressentis. Les mots « épuisés… soucis… accumulés… éprouvés… l’employeur ne fournit pas les outils de travail… pas confiance au soutien et à la protection que devrait nous apporter notre institution… déprime… fatiguée…»

Ces mots sont forts de sens et pointent du doigt les manques de notre ministère.

Comment demander à un employé de travailler dans cette situation ?

Quelles solutions ont été apportées pour remédier à cette situation ? Quel bilan faire aujourd’hui, soit quatre mois après la mort de notre collègue ?

Mise à part une enquête, quelques prises de paroles d’apaisement de nos dirigeants, rien ! Du moins rien, concrètement, dans les solutions à apporter sur le terrain, mais la souffrance des enseignants est toujours présente et réelle !

Pour la CFTC-EPR, notre employeur, le Ministère de l’Education Nationale, doit prendre la hauteur de cette situation.

Pour la CFTC-EPR, il est urgent de prendre des décisions pour que chaque enseignant puisse travailler en toute sérénité, entrer dans son lieu de travail en toute sécurité, en toute confiance, effectuer ce que Charles PEGUY identifie comme « le plus beau métier du monde, après le métier de parent, (et d’ailleurs c’est le métier le plus apparenté au métier de parent), c’est le métier de maître d’école et c’est le métier de professeur de lycée. »

« Le plus beau métier du monde » ne fait plus rêver actuellement ! Pour preuve, les nombreuses démissions, les nombreuses places aux concours non pourvues…

Et pourtant, n’est-ce pas par notre jeunesse que l’on pourra élever notre pays, le rendre plus performant ? Si le but de notre gouvernement est celui-ci, il est temps de redresser la barre et de donner les moyens aux enseignants d’assurer leurs missions ! La politique du pressoir et du dénigrement doit s’arrêter ! La santé physique et mentale doit être la priorité de l’employeur.

La CFTC-EPR vous demande, Monsieur le Ministre, de tout mettre en œuvre pour « garantir la santé, le bien-être et la sécurité au travail de tous ses employés ! »

Pour la CFTC-EPR, cela passe par une réelle mise à plat des situations sur le terrain et une remédiation par des actions concrètes :

. Relever et prendre en compte toutes les situations difficiles sur le terrain,

. Mettre en place une formation obligatoire pour tous les responsables sur le management bienveillant

. Obliger, le terme peut paraître fort, mais rien ne sera fait autrement, les collectivités à mettre en priorité la rénovation du bâti scolaire, la sécurité dans les établissements (portail électrique avec gâche d’ouverture à distance, signal d’information silencieux pour les PPMS, des sonneries adéquates pour les PPMS…), l’équipement des établissements, à donner les moyens minimaux aux écoles pour fonctionner : une école propre et sécurisée, un bureau pour la direction avec un ordinateur, une salle des professeurs, une salle de réunion…

. Mettre à disposition du personnel des psychologues,

. Responsabiliser les inspecteurs sur leur rôle d’aide et de soutien,

. Donner à l’école une entité juridique lui permettant d’ester en justice,

. Augmenter les effectifs de la médecine du travail en milieu scolaire.

Pour la CFTC-EPR, un réel changement positif doit s’opérer.

Monsieur le Ministre, il vous appartient de tout mettre en œuvre, en ce sens.

Direction d’école : à quant une prise en compte des difficultés des directeurs d’école et de l’école ?

Face à la grogne installée chez les directeurs d’école, le ministère a élaboré une enquête, une de plus, à destination des directeurs et directrices d’école au mois de Novembre 2019.

Si l’intention peut paraître louable, il s’avère que la réalité est bien autre : un questionnaire ouvert à tous, des questions fermées et orientées, pas de question ouverte sur le métier et les orientations à venir, aucune évocation d’un futur statut !

 

Aussi, la synthèse ministérielle a été présentée le 10 janvier 2020.

 

Pour la CFTC-EPR, il n’y a rien de nouveau !

 

On pourrait même dire que l’on constate une régression de l’importance que le ministre donne à la place de la direction d’école dans l’établissement !

« Près de 2 directeurs sur 3 ont répondu à l’enquête sur la direction d’école ». Les résultats ont été aussitôt communiqués lors d’une réunion organisée par le Ministère à laquelle  la CFTC-EPR était présente.

La CFTC-EPR a fait remarquer à l’Administration le bémol qu’il fallait apporter à ces résultats : en effet les questions fermées et orientées ne permettaient pas un juste reflet de la situation. De plus, le questionnaire étant ouvert à tous, acceptant le fait que l’on puisse y participer plusieurs fois, n’assure pas l’honnêteté des questionnés, ni des chiffres avancés !

 

Que retiendrons-nous de cette synthèse ?


Que le « métier de directeur » est chronophage, que le rôle de directeur est bien souvent télescopé par le métier d’enseignant, que des domaines comme la sécurité, le fonctionnement administratif, le suivi collectif des élèves, le pilotage, le suivi des situations individuelles et les relations avec les parents, sont omni présents dans le quotidien des directeurs et directrices d’école…

Il est à noter que des mots sont mis, une fois de plus, sur la situation de la direction d’école, démontrant l’état d’asphyxie de la direction d’école : surcharge de travail, chronophage, stress, fatigue, manque de temps, manque de reconnaissance, lourdeurs administratives…

 

De même, il est intéressant de constater que plus de 20 % des sondés estiment que le nombre total d’heures qu’ils consacrent aux tâches de direction dans une semaine, est supérieur en moyenne  à 30h00 (une donnée maximale verrouillée !), tandis qu’ils ne sont que 11% en décharge totale. Cela démontre bien la surcharge de travail ! Une question se pose : comment lier ainsi vie professionnelle et familiale ! Il va de soi que les directeurs sont à plus de 40h00 par semaine, car au-delà du temps de présence à l’école, où ils doivent être réactifs en toute situation, un temps d’organisation et de mise au propre des divers courriers et compte rendus doit être effectué chez soi !

 

Il est toujours navrant de constater que notre hiérarchie, bien qu’elle dispose de secrétaires, conseillers en tout genre, missionnés et autres aides, ne puisse admettre que la direction d’école doit disposer d’une secrétaire pérenne, d’un bureau digne de ce nom, d’un ordinateur, d’une salle de réunion… Que dire alors du fait que 75% des sondés estiment qu’ils consacrent le plus de temps à la fonction administrative ? Il est enfin temps que l’on acte le fait qu’un directeur a besoin d’une secrétaire, au quotidien, pour : gérer les accès à l’école en dehors des heures d’entrée/sortie de classes (ouverture des portes, réception des livraisons, etc.), répondre aux appels téléphoniques, traiter les messages électroniques, assurer la reprographie et la distribution de documents…

Il est encore à noter que 66% des sondés estiment que le domaine de la sécurité est le plus pénible. Rien de nouveau, mais il est même inquiétant, que le directeur d’école soit responsable des personnes et des biens, qu’on lui attribue toutes sortes de responsabilités en la matière, sans jamais d’aide, ni de moyens de pouvoir assurer ses missions ! On ne frise plus le ridicule, on y est ! Où en est la responsabilité de l’employeur qui ne donne pas les moyens des objectifs qu’il fixe à une partie de ses employés ? Faudra-t-il attendre un énième malheureux événement catastrophique pour que des mesures soient prises ? Soyons sérieux et professionnels !

 

Le soutien demandé par les sondés est important : 62% pour le suivi de situations individuelles des élèves et 40% dans le cadre de la relation avec les parents. Cela implique un triste constat : le directeur est seul ! Dans le secondaire, le chef d’établissement dispose à cet effet d’une assistante sociale, d’une infirmière, d’un CPE, d’un adjoint pour aider, accompagner les élèves… Le directeur, une fois de plus, sans moyen, sans formation, doit dépenser énormément d’énergie pour effectuer ce même travail, dont la charge est répartie sur plusieurs professionnels dans le secondaire ! Il est triste de constater qu’un directeur d’école ne dispose pas d’une équipe de direction pour l’aider et le soutenir dans ses décisions, contrairement au chef d’établissement ! Une fois de plus, on peut s’interroger sur l’équité entre le premier et le second degré !

 

Rien de bien nouveau sous le soleil ! Ce questionnaire n’est pas à la hauteur des attentes des directeurs et directrices d’école !

Il est navrant de constater qu’aucunes données concernant l’attribution de matériel, la prise en charge des frais de fonctionnement, le bâti scolaire, de la part des municipalités ne soient notifiées. Il serait judicieux qu’une enquête mette en relation l’état du bâti scolaire, les budgets de fonctionnement qui sont si différents d’une commune à une autre, voire d’une école à une autre, faisant subir de nombreux désagréments au fonctionnement des écoles et par ce fait à la direction d’école ! Une fois de plus, on peut s’interroger sur l’équité de l’apprentissage en France !

Les directeurs et directrices veulent de la considération, et demandent à ce que leur métier soit reconnu, que l’on définisse les limites de leur champ d’intervention et qu’ils aient les moyens de mener à bien leur mission.

 

Cette demande de reconnaissance ne peut se faire qu’à travers un statut qui définit leurs devoirs, leurs droits, incluant les moyens tant humains, financiers, techniques et logistiques, leur permettant de représenter l’Education Nationale et de faire fonctionner les écoles de toute la France. Cette question, évincée du questionnaire, est posée par 10% des sondés, comme question qui n’a pas été posée et qui aurait dû l’être, et arrive en tête des réactions spontanées !

Maintenant que le cadre est posé une fois de plus, que va-t-on proposer aux directeurs et directrices d’école ? Quelles solutions seront apportées pour répondre aux besoins évoqués ?

 

Pour la CFTC-EPR, réduire les mesures à la seule simplification des tâches devient ridicule ! Depuis novembre 2014, le ministère essaie avec des bouts de chandelles, d’instaurer une simplification des tâches de la direction d’école, sans succès ! Beaucoup de bruits pour aucune efficacité !

 

Pour la CFTC-EPR, il est plus qu’urgent que l’on apporte des réponses concrètes aux directeurs et directrices d’école : des moyens humains, matériels et une reconnaissance financière à la hauteur du travail qu’ils effectuent au quotidien. Cela est primordial !

 

Un triste constat pour lequel aucune solution n’a été apportée ce jour : les directeurs et directrices sont seuls !  Au-delà de disposer de moyens humains à la hauteur de la mission, il est nécessaire que la direction d’école puisse disposer d’un accès direct à un espace juridique pouvant répondre, conseiller, en fonction de chaque situation qu’elle peut rencontrer.

 

La CFTC-EPR, plus que jamais, est déterminée à faire entendre la voix de ses adhérents et proposera lors des rencontres les différentes améliorations qui lui semblent nécessaires …