Direction d’école : « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? « 

« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » Et la sœur Anne répondait :  » Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie. « 

Les directeurs et directrices d’école ne voient que le soleil qui rougeoie…

En effet, après deux mois de travail, les directeurs et directrices d’école n’en peuvent plus. Ils ne cessent de subir les pressions de l’administration, des collègues et des parents.

Ordres, contre-ordres, mais surtout désordres… Telle est la réalité du terrain !

Dans un climat tendu, les injonctions ne cessent de pleuvoir. Dans le cadre d’une gestion difficile sur le terrain de la crise sanitaire que l’Education Nationale traverse, de nombreux directeurs se voient attaquer de toute part.

Bon nombre de personnel les rendent responsables du mauvais climat dans les écoles, du manque de matériel, du manque de concertation de l’administration, du manque de compréhension de l’administration, de la verticalité des consignes…

Dans une méconnaissance totale des missions du directeur, nombreux sont ceux qui vont parfois jusqu’à reprocher aux directeurs de faire leur travail et d’essayer de mener à bien leurs missions !

Aussi, la coupe est pleine ! De nombreux directeurs nous font part de l’intention de quitter leur poste de directeur !

Pour rappel, les écoles, pour la plupart, n’ont plus de secrétaire. Le directeur assure ainsi, pour la plus grande majorité, la classe, la direction d’école, et le secrétariat !

La charge mentale que subissent les directeurs et directrices d’école est arrivée à son paroxysme.

A-t-on déjà vu un responsable mener de front plusieurs métiers en même temps ?

Le premier degré reste le parent pauvre de l’Education Nationale. Les intentions d’améliorations restent au niveau des idées et malgré les belles paroles, rien de concret ne se met en place sur le terrain.

Lors du confinement de mars 2020, les directeurs et directrices d’école ont donné de leur personne pour que le lien école/famille soit maintenu. Durant cette période trouble, les directeurs et directrices d’école ont travaillé dur avec leur équipe pour mener à bien les missions de l’école, en prenant leur responsabilité pour faire avancer quotidiennement les élèves !

De nombreuses limites ont été constatées au niveau du cadre statutaire de la direction d’école.

Tous ont vu l’importance de la direction d’école ! Tous se sont accordés pour dire qu’il était nécessaire de faire évoluer la direction d’école !

Les promesses furent nombreuses : emploi fonctionnel, délégation de compétences, salaires plus attractifs, mise à disposition d’aide à la direction…

Et puis…

Rien !

 

Si…

Plus de travail pour les directeurs et directrices d’école !

Plus de difficultés à gérer, sans moyens, sans aide !

La situation est intenable !

Mais alors, que fait le ministère de l’Education Nationale ? Qu’attend Monsieur le Ministre pour faire évoluer la direction d’école, de donner à celle-ci un statut clair avec des missions reconnues de tous, comprenant des moyens humains, financiers et matériels ?

Aussi, comment réagir face à cette négligence, cet immobilisme ?

La CFTC-EPR demande aux directeurs et directrices d’école d’utiliser le Registre Santé et Sécurité au Travail (fiche RSST), et de faire remonter les constats à l’Inspecteur ISST de l’Académie.

De même, la CFTC-EPR invite les directeurs et directrices d’école à informer les collègues, les parents, les partenaires, des difficultés qu’ils rencontrent au quotidien, ainsi que des conséquences de ces difficultés qui sont d’effectuer des priorités nécessaires des missions de la direction d’école comme la sécurité des biens et des personnes, le fonctionnement de l’école… Dans ce cadre, les multiples enquêtes, les rencontres et réunions extérieures, la réalisation des projets, les plans de formations complémentaires sont à remettre aux calendes grecques…

Les directeurs ne sont pas des robots multitâches, corvéables à merci !




Comments are Closed