Les effets du premier confinement : Quel bilan ?

L’Institut français de l’Education qui dépend de l’ENS de Lyon vient de publier une très intéressante enquête sur les effets du premier confinement. L’IFE a exploité les résultats d’un questionnaire diffusé assez largement à tous les personnels de l’Education Nationale. Ce questionnaire a permis de travailler sur le vécu, les activités proposées durant le confinement, les difficultés et les possibilités nouvelles dues à ce confinement.

Très clairement, le ressenti entre le début du confinement et la fin de celui-ci est différent. Une majorité de personnels se sentaient mal à l’aise avec le confinement au début. Que faire pour garder un lien avec les élèves ? Voilà une question posée. Les problèmes informatiques et le suivi des élèves sont les principaux problèmes au milieu du mois de mars. A la fin du confinement, ce sentiment avait baissé surtout pour les personnels du secondaire que pour ceux du primaire car les élèves sont moins habitués à l’informatique.

Quels problèmes étaient posés ?

1) Tout d’abord une charge de travail plus lourde. Cette charge de travail était due dans la conception des activités proposées aux élèves, dans la recherche d’outils informatiques et numériques adaptés ou dans la créativité qu’il fallait avoir pour suivre un maximum d’élèves.

  • Ensuite des difficultés dans la continuité pédagogique. Le suivi des élèves, voilà tout le problème durant un confinement quand le présentiel est impossible. La mise en œuvre des enseignements ou les adaptations des enseignements ont aussi posé des soucis. Et très souvent, ce sont les plus fragiles de nos élèves qui ont souffert le plus.
  • Egalement les difficultés dans l’utilisation et l’accès aux outils du numérique. Pour suivre correctement, les élèves devaient avoir un bon accès à Internet, avoir des compétences solides dans les outils de l’informatique ou dans le cas contraire demander de l’aide à leurs parents, ce qui n’est pas toujours possible et donc a créé des inégalités croissantes entre les élèves. Aussi la multiplication des canaux d’information (ENT, Pronote, blogs des enseignants…) n’a pas facilité le suivi du travail surtout quand les outils de l’institution n’étaient pas adaptés pour un travail en distanciel.

Pour autant, il faut aussi regarder les possibles aspects positifs de ce confinement, lorsqu’ils existent dans certains établissements. On a pu voir, souvent, la relation entre les parents et les enseignants du secondaire qui a été plus poussée que d’habitude, et le développement, pour certains élèves du secondaire, d’une plus grande autonomie.

A l’heure où les lycées doivent repartir dans un rythme entre le présentiel et le distanciel, la CFTC-EPR propose de prévoir et d’anticiper pour l’avenir sur plusieurs points.

La CFTC-EPR demande une offre de formation en informatique et dans les outils du numérique augmentée. Un chèque numérique pour les personnels pour mieux s’équiper chez soi peut être une solution de court terme. 

La CFTC-EPR comprend la volonté de notre ministre de garder un maximum d’élèves dans les établissements mais demande à ce que les outils numériques soient plus simples et plus adaptés pour l’enseignement en distanciel. Attention, la ligne sera le double enseignement en présentiel et en distanciel. Les enseignants ne pourront faire les deux à la fois.

La CFTC-EPR demande la poursuite du dédoublement des classes en primaire et en secondaire pour permettre un meilleur suivi des élèves et un apprentissage plus adapté aux besoins du siècle présent.

 




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