Axe 2- PPCR: Déroulement de carrière.

PPCR : Axe 2 Déroulement de carrière

La carrière est rendue plus lisible et transparente avec des durées d’échelon fixes et connues de tous.
Aux trois rythmes d’avancement dans la classe normale, la carrière rénovée substitue une cadence unique, linéaire, de déroulement. Ainsi, la durée de référence pour atteindre le dernier échelon de la classe normale est fixée à vingt-six ans, soit une durée comparable à celle des autres fonctionnaires de catégorie A.

Les durées d’échelon deviennent fixes pour tous, à la fois en classe normale et en hors classe. Les nouvelles durées d’échelon de la classe normale sont fixées entre celles antérieures du choix et du grand choix selon l’échelon considéré.
Par ailleurs, les personnels enseignants doivent pouvoir dérouler une carrière complète jusqu’au sommet de la hors-classe, qui devient ainsi le grade normal d’avancement dans la carrière.

Premier grade : deux possibilités de voir accélérer sa carrière en classe normale
À deux reprises au premier grade (au 6e et au 8e échelon), à la suite d’un rendez- vous faisant le point sur leur carrière (autour de la 7e année puis de la 13e année de carrière), 30 % des personnels enseignants pourront bénéficier d’une accélération de leur carrière d’une année. Sous l’effet de deux accélérations, la durée du premier grade pourra être ramenée à vingt-quatre ans.

Deuxième grade: la hors-classe devient une perspective normale d’avancement
Avant la fin de la classe normale, à la suite d’un autre rendez-vous autour de 20 ans de carrière, les personnels pourront accéder à la hors-classe à un rythme reconnaissant leur parcours et leur engagement professionnels. Les personnels pourront accéder à la hors-classe à partir de deux ans d’ancienneté dans le 9e échelon.

En 2016, les taux d’accès à la hors-classe sont respectivement de 5 % pour les professeurs des écoles et de 7 % pour les professeurs du second degré. À terme, ces taux d’accès convergeront vers le taux du second degré.
Création d’un troisième grade : la classe exceptionnelle ouvre de nouvelles perspectives de carrière

À partir de septembre 2017, les personnels enseignants pourront accéder à un 3e grade, dénommé classe exceptionnelle, qui constitue un levier RH supplémentaire au service d’une politique promouvant le parcours et l’engagement professionnel des personnels. La perspective d’accès à la classe exceptionnelle est abordée à l’occasion du dernier rendez-vous de carrière, qui se déroule au cours de la hors- classe.

La classe exceptionnelle sera prioritairement accessible (à hauteur de 80 % des promotions) aux personnels enseignants qui, à partir du 3e échelon de la hors- classe, auront exercé en éducation prioritaire ou occupé des missions ou responsabilités particulières, pendant au moins huit ans. Les chantiers métiers de la Refondation de l’École de la République ont permis d’identifier la plupart des missions et responsabilités concernées :

  • directeurs d’école
  • conseillers pédagogiques
  • directeurs délégués aux formations professionnelles et technologiques (ex-chefsde travaux)

 

  • formateurs
  • directeurs de centre d’information et d’orientation
  • enseignants exerçant dans l’enseignement supérieur

Elle sera également accessible (à hauteur de 20 % des promotions) aux autres enseignants, situés au dernier échelon de la hors-classe, pour tenir compte de parcours professionnels remarquables.
La constitution de la classe exceptionnelle sera progressive pour atteindre à terme 10 % de l’ensemble des effectifs des corps.

Les modalités de mise en place seront finalisées avec les organisations syndicales représentatives dans le cadre d’un groupe de travail.

Notre analyse :

La CFTC-EPR effectue un constat de taille : terminées les avancées à travers les échelons de la classe normale, avec la possibilité de passer au Choix ou au Grand Choix à l’échelon supérieur. La carrière rénovée instaure une avancée unique, linéaire, pour tous.

L’avancement à rythme unique est une bonne évolution. D’ailleurs, la CFTC a souvent contesté les risques liés à l’inspection actuelle et l’inégalité qui en découle. Le système actuel était injuste du fait d’un écart trop grand induit par trop de variables (différences de personnalités des IEN, écarts entre les inspections…).

Les différents rappels, la demande d’harmonisation entre IEN et la demande de respect des grilles de notation n’ont pas été suivis d’effets positifs. Aussi, l’avancement unique comblera les inégalités futures, mais ne réparera pas les inégalités passées. Certains collègues déjà défavorisés en début de carrière le resteront à vie. D’ores et déjà, nous demandons qu’une politique de rattrapage soit mise en œuvre avec un vrai recalcul de carrière, et non un simple reclassement.

La possibilité de passage à la HC pour tous remet également en place « l’égalité réelle ». Cependant, le syndicat CFTC-EPR s’interroge sur les quotas du passage à la HC.

Aussi, avant la fin de la classe normale, à la suite d’un autre rendez-vous autour de 20 ans de carrière, les personnels pourront accéder à la hors-classe à un rythme reconnaissant leur parcours et leur engagement professionnels, et ce à partir de deux ans d’ancienneté dans le 9e échelon de la classe normale. D’ores et déjà nous sollicitons le maintien de ce passage dès le 7ème échelon, comme il existe actuellement.

Après de nombreuses promesses faites, voici que le GRAF arrive sous la forme d’un troisième grade, la classe exceptionnelle, qui sera prioritairement accessible (à hauteur de 80 % des promotions) aux personnels enseignants qui, à partir du 3e échelon de la hors-classe, auront exercé en éducation prioritaire ou occupé des missions ou responsabilités particulières, pendant au moins huit ans. Les fonctions concernées en priorité par ce troisième grade sont nombreuses : les directeurs d’école, les conseillers pédagogiques, les directeurs délégués aux formations professionnelles et technologiques (ex-chefs de travaux), les formateurs, les directeurs de centre d’information et d’orientation et les enseignants exerçant dans l’enseignement supérieur. Il est dommage qu’une nouvelle fois soit mis de côté les enseignants spécialisés (SEGPA…) qui ont déjà été écarté de l’ISAE.

Si sur le papier, cela est prometteur, quels seront les critères qui seront pris en compte pour permettre cet accès ? Cela laisse à supposer la mise en place d’un classement des personnes ! Sur quelle base alors ? Que signifient 80% des promotions ? Concrètement qu’est-ce que cela donne ? Quel sera le nombre des personnes admises à ce grade ?

Elle sera également accessible (à hauteur de 20 % des promotions) aux autres enseignants, situés au dernier échelon de la hors-classe, pour tenir compte de parcours professionnels remarquables. Pour ainsi dire 80% des enseignants ne seront jamais promus à ce grade !

Et la direction d’école ? ….

Il est clair que le compte n’y est pas pour les directeurs d’école !
En effet, la CFTC-EPR a toujours milité pour un statut des directeurs d’école. Par la mise en place de cette classe exceptionnelle non réservée aux directeurs d’école, la possibilité de mise en place d’un statut pour ces derniers disparait. Ce grade supplémentaire (GRAF) auquel on ne peut accéder qu’à partie du troisième échelon de la hors classe fait que de nombreux directeurs ne pourront y accéder. Ainsi, la CFTC-EPR maintient et demande à ce qu’un statut de la direction d’école soit adopté dans les plus brefs délais !
L’école primaire a ses spécificités et il est nécessaire de repenser son mode de fonctionnement autonome. Cependant, il est impensable, que ce soient les principaux de collèges qui dirigent les écoles, de leur tour d’ivoire, sans aucune maîtrise du fonctionnement des écoles. Le directeur doit rester l’interlocuteur privilégié de tous les partenaires, le responsable de la pédagogie et de la sécurité dans les écoles. Pour se faire, la CFTC-EPR demande l’attribution d’un statut lui donnant les pouvoirs de mener à bien le projet d’école, ses devoirs, ses limites, et les moyens pour le réussir.