LSUN : livret scolaire unique numérique Que faut-il en penser ?

Le 30 septembre 2015, la ministre de l’Education Nationale a présenté les prémices du nouveau livret scolaire qui doit être mis en place à cette rentrée scolaire, du CP à la 3ème.

Ainsi, dès cette rentrée, il est prévu que chaque élève n’ait plus qu’un seul document national par trimestre.

« À la fin de chaque trimestre, un bilan détaillant :

  • au recto, le niveau des élèves par matière
  • au verso, les appréciations générales et les projets menés
  • ce modèle national est construit sur un format identique du CP à la 3e

À la fin de chaque cycle (CE2, 6e, 3e), une fiche dressant un bilan global sur 8 champs d’apprentissages du socle (langue française à l’oral et à l’écrit ; langues étrangères et régionales ; langages mathématiques, scientifiques et informatiques ; langages des arts et du corps ; méthodes et outils pour apprendre ; formation de la personne et du citoyen ; systèmes naturels et systèmes techniques ; représentations du monde et activité humaine) grâce à un indicateur simple : maîtrise insuffisante, fragile, satisfaisante ou très bonne

À la fin de la scolarité obligatoire, les parents pourront s’être constitué un dossier d’une trentaine de bilans. »

Si cela apparait comme une avancée et un cadre pour tous, bon nombre de collègues se posent la question suivante : mais où peut-on trouver actuellement ces fameux documents ?

De même, face à l’aspect numérique du document, la CFTC-EPR demande, à Madame la Ministre, la mise en place de formations adéquates sur l’outil pour une appropriation sereine, dans un cadre respectueux des collègues, et une mise en place des plus rapides sur le terrain. Il ne faut pas oublier qu’en ce début d’année, les équipes planchent sur la mise en place du nouveau programme. Aussi, il ne serait pas souhaitable que cet outil ne soit présenté qu’en cours d’année aux enseignants qui devront alors revoir à ce moment leur mode de fonctionnement d’évaluation et de diffusion de celles-ci.

D’autres questions surgissent :

– Qu’en est-il de la mise à disposition du matériel informatique aux enseignants ? Ne risque-t-on pas encore une fois, à l’instar des NAP de créer des injustices au sein des familles françaises, dues aux dotations différentes d’une école à une autre, en fonction des priorités des communes ?

Qu’en est-il de l’information aux parents ? Et pour les parents qui ne disposent pas d’un accès internet, les enseignants devront-ils imprimer les documents ?

La CFTC – EPR demande à ce que l’on s’appuie sur les enquêtes ETIC, menées dans les écoles pour dresser une carte des besoins. Elle souhaite la mise en place d’une réelle politique nationale du numérique. Celle- ci doit être menée par le ministère l’Education Nationale pour éviter l’aggravation de la fracture numérique actuelle.

La CFTC-EPR demande à ce que les effets d’annonce s’arrêtent, que les politiques publiques mettent en œuvre des actions qui tiennent en compte les difficultés quotidiennes des enseignants. Il est plus que temps de pratiquer un dialogue social de qualité en respectant les doléances légitimes des enseignants.

Lettre -info N°1- CFTC EPR