Direction d’école : où en sommes – nous ?

En cette rentrée 2016, où en sommes-nous sur le dossier de la direction d’école ?

En cette rentrée des classes, la CFTC-EPR s’interroge sur le dossier de la direction d’école. De nombreux directeurs d’école n’ont plus d’espoir en une quelconque avancée dans leur métier ! Qui pourrait leur dire le contraire ? En effet, tout est fait pour les accabler de nouvelles missions, tout en refusant de les reconnaître à leur juste valeur !

Nous aurions pu penser que le référentiel métier des directeurs d’école, notifiée dans la circulaire n° 2014-163 du 1-12-2014, aurait pu améliorer leurs revendications. Nous nous rendons compte qu’il est peu connu de nos supérieurs et décideurs. Ce n’est pas une charte que peu connaisse qui encadrera le travail de chacun dans le respect des missions de chacun. De ce fait, de nombreux directeurs voient leurs missions, non respectées par leur IEN. Que dire des partenaires qui ne sont pas plus au courant de l’application de ce référentiel.

Nous aurions pu penser que la mise en place du Protocole de simplification des tâches, notifié dans la circulaire n° 2014-138 du 23-10-2014 aurait été vivement suivie par toutes les académies et donc bénéfique pour les directeurs d’école.

« Un protocole académique sera rédigé à l’issue de cette phase de concertation départementale, en reprenant de manière cohérente les principales propositions abordées préalablement au sein des différents départements de l’académie.

Il veillera notamment à respecter les principes de simplification suivants :

– la limitation des enquêtes académiques ou de circonscriptions relatives à des informations qui ne sont pas disponibles dans les bases de gestion…

– la mise au point et la diffusion aux directeurs d’école d’une carte des expertises disponibles en cas de questionnements spécifiques. Certaines questions juridiques justifient en particulier que les directeurs d’école puissent recourir à une expertise au sein des services académiques… « Vous vous attacherez dans ce cadre à mettre en place, selon les modalités les mieux adaptées, un dispositif permettant de répondre aux questions ponctuelles des directeurs d’école concernant l’exercice quotidien de leurs fonctions. »

Dans les faits, peu d’Académies ont réellement fait ces efforts demandés ! Les enquêtes académiques continuent, la mise en place d’une carte d’expertises disponibles et le dispositif permettant de répondre aux besoins des directeurs d’écoles, ne restent toujours qu’un vœu pieu…

Pour cette rentrée, des nouveautés pour les directeurs… Ils sont ainsi aux premières loges pour la mise en place des nouveaux programmes, la mise en place des nouveaux cycles. Il revient toujours au directeur d’user de son aura pour relier le monde du second degré au premier degré. A lui le don de contacter les instances du second degré pour proposer, solliciter…

On aurait pu penser que sur ce sujet, le ministère aurait mis en place une véritable concertation à tous les niveaux. Effectivement, la sécurité a été renforcée dans les établissements. Mais qui s’y colle véritablement, loin des médias, loin des grands discours, loin des débats philosophiques sur la laïcité ? Seul sur le terrain, face au public, face au personnel, voici le directeur d’école qui, sans moyen, doit  effectuer un accueil à l’entrée des écoles par un adulte, réaliser un contrôle visuel des sacs, vérifier l’identité des personnes étrangères à l’établissement…

Dans ce cadre, il est à noter une nouvelle attribution ne figurant pas dans les missions des directeurs d’école, mais personne ne s’interrogera sur ce point : « Une attention particulière doit être portée aux abords de l’établissement, en évitant tout attroupement préjudiciable à la sécurité des élèves. » Une fois encore, pas de cadre juridique, pas de moyens… Tandis que dans le secondaire, on voit apparaître des vigiles au portail des établissements. Dans le Premier Degré , c’est au directeur de faire rempart avec son corps face au terrorisme ! Deux poids, deux mesures !

Concernant le statut tant décrié par tous, le choix est donné d’en attribuer un aux psychologues scolaires ( ce que la CFTC approuve tout à fait), tandis que le directeur d’école, responsable reconnu de tous, n’a pas de statut et donc pas les moyens de faire appliquer les directives ministérielles.

On aurait pu penser que leurs indemnités augmenteraient. La note de service n°2016-105, faisant appel au décret n°91-236 du 28 février 1991 portant attribution d’une indemnité de fonctions particulières à certains professeurs des écoles, notifie l’augmentation de la valeur du point d’indice de la fonction publique au 1er juillet. De nombreuses indemnités de l’Éducation nationale sont indexées sur cette valeur, « allouée aux professeurs des écoles titulaires d’un diplôme professionnel spécialisé exerçant leurs fonctions sur tout poste ou emploi requérant une telle qualification ». Les psychologues scolaires, les titulaires du CAPA SH, du CAFIMF et d’autres en seront bénéficiaires, mais pas les directeurs d’école. Une fois de plus, nous n’existons pas ! Du moins pour la reconnaissance !

Nous aurions pu penser que le Grade à Accès Fonctionnel (GRAF) aurait été mis en place rapidement, dés 2014. Le PPCR décliné à l’éducation nationale crée une classe exceptionnelle pour tous les corps. De ce fait, ce 3ème grade serait ouvert aux directeurs d’école. Cependant, les critères ne sont pas encore notifiés !

Face à ces désillusions, La CFTC-EPR tient à rappeler ses revendications et demande à Madame la Ministre de les prendre en compte dans l’intérêt de l’école :

Un statut pour tous les directeurs d’école en poste et futurs :

– qui définit le rôle du directeur, ses droits et devoirs, les moyens financiers, humains et matériels dont il dispose afin de mener sa mission.
– qui prévoit une formation adéquate et continue, lui permettant d’assurer un service public de qualité.
– qui définit une grille de salaire attrayante.

 De réelles perspectives de carrière avec une possibilité d’intégrer d’autres administrations, d’autres corps de direction, dont notamment la mise en place d’une passerelle, par liste d’aptitude, au poste de chefs d’établissements du secondaire au bout de 10 ans de direction, en mettant en place une priorité de recrutement sur cette liste, signe de la reconnaissance de l’expérience.

La CFTC-EPR réaffirme la volonté de tout mettre en place pour que soit reconnu par tous le métier de la direction d’école.