Remplacement des enseignants : bricolage ou réelles solutions ?

Ce 18 octobre, Le ministre de l’Education Nationale a présenté les nouvelles mesures visant à améliorer le remplacement des enseignants absents, avec trois impératifs : une meilleure information, un renforcement du potentiel existant et une amélioration de la gestion du remplacement.

Ainsi sept mesures phares ont été retenues :

  • L’actualisation des indicateurs publics dans le premier et le second degré. Ces derniers devraient être publiés chaque année.
  • Une meilleure information des parents d’élèves sur les absences, la durée prévisionnelle et les modalités de remplacements.
  • La reconstitution du vivier de remplaçants dans le 1er degré.
  • La mise en place de protocole de remplacement de courte durée pour le 2nd degré.
  • La création d’un vivier unique de remplaçants par département dans le premier degré. Ce qui induit la fusion des ZIL et des Brigades dans un même dispositif.
  • Un accompagnement des personnels en difficultés ou en souffrance pour limiter les absences perlées.
  • Limiter l’impact des absences prévisibles sur le temps d’enseignement : organisation des jurys préparation d’examen de préférence le mercredi après-midi ; en proposant, sur la base du volontariat, des formations rémunérées sur les petites vacances ; en rappelant les droits et les devoirs associés aux autorisations d’absences.

L’avis de la CFTC-EPR :

Axe 1 : Mieux informer.

Pour la CFTC-EPR, bien que tardive, cette mesure est positive. En effet, il est dommage d’avoir attendu 2016 pour avoir cette clarification. L’image de la profession s’en est retrouvée durablement écornée. Cette communication permettra à notre sens de rétablir des vérités et mettre fin à certains clichés.

Il est également nécessaire de définir un interlocuteur s’occupant du remplacement et de l’information aux parents. Les directrices et directeurs d’école ont déjà énormément de tâches à réaliser. La CFTC-EPR espère que le ministère aura à cœur de ne pas alourdir, une fois de plus, le travail de la direction d’école.

Axe 2 : Renforcer le potentiel de remplacement.

La CFTC-EPR se félicite de la reconnaissance par les plus hautes instances du manque chronique de postes de remplaçants depuis plusieurs années. Si des efforts ont été faits, ils doivent se poursuivre dans le premier degré.

Cependant, la CFTC-EPR s’interroge sur la réutilisation des protocoles de 2005 dans le 2nd degré. En effet, pourquoi les avoir abandonnés s’ils étaient si efficaces ? Pour la CFTC-EPR, la solution serait de créer une brigade section de remplacement départementale qui permettrait de pallier les absences de courtes durées, gérée par un groupe de personne, à l’aide d’une plateforme, dès le matin, avant l’entrée en cours. Ce qui permettrait de connaître les éventuelles possibilités de remplacement avant l’entrée en classe.

Axe 3 : améliorer la gestion du remplacement.

Pour la CFTC-EPR plusieurs de ces annonces relèvent du bricolage pour répondre à la pression des parents d’élèves. En effet, il est inconcevable aujourd’hui de procéder à la suppression des ZIL. Cela aura vite pour conséquence le fait que les remplacements de très courtes durées ne seront plus assurés. Ce qui ne ferait qu’accroître les difficultés actuelles.

Pour la CFTC-EPR, le levier principal réside dans la création de postes tant dans le premier que dans le second degré. Cela permettra de répondre aux problématiques des absences et de la formation professionnelle.

Par ailleurs, la CFTC-EPR sollicite la mise en place d’une véritable politique d’amélioration des conditions de travail pour lutter contre l’accroissement de la souffrance au travail ces dernières années.

Lettre – info n°9