Temps de travail des enseignants : Halte à la démagogie !

Dans le cadre de la course aux Présidentielles, plusieurs candidats à la primaire de la droite n’ont trouvé comme seul argumentaire que de tomber dans le populisme et la caricature lorsqu’ils parlent de l’Education Nationale et surtout de son personnel.

Compte tenu de l’actualité, ces propos prennent une dimension tragique. En effet, ils ont comme conséquence de dénigrer davantage une profession déjà malmenée depuis plusieurs années et d’accentuer les tensions auxquelles sont confrontées tous les jours les équipes pédagogiques.

Ce genre d’attaques populistes ne fait qu’accroître les difficultés que rencontre l’Education Nationale à recruter et risque fort d’impacter durablement la confiance et la motivation des enseignants.

Suite aux propos de M. SARKOZY sur France Inter, il serait bon de rétablir la vérité :

  • Les enseignants du premier degré ne travaillent pas que 24 heures par semaine. Aussi nous l’invitons à relire les textes déclinant les obligations de services de ces derniers. En effet, ceux-ci ont 24 heures d’enseignement auxquelles s’ajoutent 108 heures annualisées destinées au travail en équipe, la réception des parents, aide pédagogique complémentaire…

Ces obligations de services ne prennent pas en compte le travail invisible des enseignants. En effet, il n’est nulle part question des heures de préparations, de corrections, de documentations, de rédactions des divers dispositifs d’aide, des heures supplémentaires non rémunérées, des accueils informels des parents d’élèves, les préparations pendant les vacances scolaires…. La liste est longue et non exhaustive.

A cela, s’ajoutent, pour ceux qui ont encore et toujours la foi en leur métier (ils sont encore nombreux, en déplaisent à certains !), et effectuent l’accompagnement éducatif, l’intervention dans le cadre de l’USEP à titre gratuit, les rencontres avec les parents, les sorties scolaires hors temps scolaires avec les élèves, les classes de découvertes d’une à deux semaines à temps complet toujours à titre gratuit… Ces heures données aux élèves, ne sont jamais comptabilisées et pourtant, elles donnent du sens aux apprentissages, participent à la formation du citoyen de demain…

Dans une étude de l’INSEE, il s’avère que le temps de travail estimé est plus proche des 44 heures hebdomadaires.

  • Le problème est identique dans le second degré. Aux 18 heures d’enseignement se rajoutent les préparations, les corrections de copies, les rencontres informelles, le travail en équipe etc.…

Tout comme pour le premier degré, le temps de travail est évalué à 44 heures parfois plus dans certaines disciplines.

La CFTC-EPR, fidèle à ses valeurs ne peut cautionner de tels propos qui traduisent dans le meilleur des cas une réelle ignorance du métier d’enseignant. Quoiqu’il en soit, ces propos insultent plus de 800 000 agents, qui s’investissent corps et âmes dans leurs métiers, malgré les flous des politiques éducatives de ces dernières décennies.

Dans un tout autre registre, Mme Kosciusko-Morizet, a affirmé que le recrutement d’enseignants sur les cinq dernières années n’a servi à rien. N’en déplaise à cette dernière, les enseignants remplissent leurs missions et ont un rôle central dans le fonctionnement de la République.

Ces propos fallacieux, rappellent plus que jamais la nécessité du statut de la fonction publique, qui assure depuis 70 ans maintenant l’indépendance des fonctionnaires vis à vis des politiques.

Ainsi pour la CFTC-EPR, il est plus que nécessaire :

  • De prendre officiellement en compte le temps de travail réel des enseignants,
  • De procéder à de réelles revalorisations de carrières pour se rapprocher des standards européens,
  • De réaffirmer la confiance et le soutien que porte l’institution aux enseignants,
  • De stabiliser la politique éducative afin de permettre aux enseignants de mener à bien leurs missions,
  • De protéger le statut de la fonction publique.

Les annonces populistes et électoralistes ne permettront aucunement l’amélioration de système éducatif, bien au contraire.

Aussi, en ces temps difficiles, la CFTC-EPR demande la mise en place d’une charte de respect des valeurs républicaines et de ses membres, à tous les candidats à un mandat électif de la République. La laïcité ne doit pas être qu’un vain mot réservé aux enseignants, les politiques se doivent d’en donner l’exemple !

Lettre – info n°10