Direction d’école :

Suite à la demande d’audience effectuée, la CFTC-EPR a été reçue par la conseillère sociale, partenariats et vie scolaire, Cabinet du ministre, en présence de la DGRH et de la DGESCO.

Après une présentation des membres présents, la CFTC-EPR a pu exposer un certain nombre de constats à travers divers thèmes d’actualités. A chaque thème, une série de propositions et de revendications ont été annoncées par chacun des représentants de la CFTC-EPR.

Chaque point a été accueilli par une écoute attentive de la part de l’administration.

Le troisième point a concerné la direction d’école.

La situation, pour la CFTC-EPR, est alarmante.

Un directeur existe dans chaque école, il croule sous les demandes émanant de partout ! Il est responsable de tout mais ne peut prendre aucune décision. Il n’a aucun pouvoir de décision dans son équipe et n’est pas le responsable de service. Bien souvent, lorsqu’il propose des projets, on lui rappelle, à juste titre qu’il est un enseignant parmi les enseignants sans pouvoir !

Les partenaires, l’administration, les parents désignent le directeur d’école comme le dirigeant de son établissement mais souvent ce dernier ne peut rien faire de par son absence de statut. Un responsable identifié de tous, disponible et présent dans l’établissement, permettrait une gestion réelle et humaine du personnel et des situations conflictuelles.

Le directeur d’école ne cesse d’empiler les injonctions de l’administration. Depuis la notification de ses missions en 1989, en passant par le BO n°7 du 11 décembre 2014, ses prérogatives n’ont pas cessées de croitre ! Pas ses moyens, pas son salaire ! Aucune reconnaissance de son travail, alors qu’il avait été notifié la volonté par le ministère de simplifier les tâches administratives des directeurs d’école, et de proposer un grade à accès fonctionnel, qui n’a jamais été mis en place !

La CFTC-EPR a rappelé qu’en 2010, le site « directeurenlutte » reprenait une enquête du GDID en spécifiant : « politiquement frileux, aucun des différents ministres de l’Education n’a osé affronter ces résistances (oppositions parfois) qui sont un frein à une véritable reconnaissance institutionnelle. Or, cette reconnaissance institutionnelle passe par un statut juridique de directeur d’école fortement réclamé par 93 % des collègues. » Ce constat a été repris par de nombreuses instances depuis 2010.

Concernant leurs conditions de travail, de nombreux directeurs nous font part de la disparition de leur aide à la direction. Comment peuvent-ils travailler sereinement ainsi ?

Des solutions existent, mais il faut avoir le courage de les mettre en place. La CFTC-EPR demande au ministère de prendre ses responsabilités et de :

. Créer un statut de la direction d’école à l’instar des psychologues scolaires, définissant le rôle, les obligations, les responsabilités mais aussi les moyens tant matériels, juridiques, qu’humains qu’il dispose pour mener à bien ses missions.

. Mettre en place un véritable chef de service dans chaque école pour gérer pédagogiquement, administrativement l’école et sa sécurité.

. Pérenniser l’aide à la direction par des contrats éducation nationale non précaire. Une fois de plus, la CFTC-EPR, revendique le fait qu’il est nécessaire notamment concernant la gestion et l’embauche de personnel, de légiférer, afin que l’emploi de personnel précaire dans les établissements devienne une exception et non une règle.

 

La CFTC-EPR déclare qu’il est nécessaire de répartir les rôles de chacun : l’IEN doit s’occuper de la partie pédagogique, de conseils, de formation, le directeur d’école doit pouvoir prendre en charge la sécurité, la vie scolaire et administrative de l’école.

 

Au moment de la publication de ce texte, nous prenons connaissance du rapport public de la Cour des Comptes intitulé « GÉRER LES ENSEIGNANTS AUTREMENT – Une réforme qui reste à faire ». Aussi, ce rapport va dans le sens de la CFTC-EPR : « Même si un référentiel « métier » concernant les directeurs d’école a été élaboré pour la première fois par la circulaire du 1er décembre 2014, le cadre d’exercice de leurs missions reste inchangé, en l’absence de reconnaissance d’un véritable statut… Si le directeur d’école exerce un pouvoir d’affectation des enseignants aux classes, il n’a pas autorité sur eux. Pourtant les réformes récentes ont de facto entraîné un renforcement de son rôle envers le corps enseignant… le rôle des chefs d’établissement et des directeurs d’écoles comme animateurs et responsables de l’équipe d’enseignants reste peu valorisé par rapport aux responsabilités qui leur sont confiées. Leur rémunération est par exemple inférieure à celle pratiquée dans d’autres pays européens et peu différenciée en fonction des mérites de chacun… La notion d’équipe de direction dirigée par un supérieur hiérarchique est inexistante dans le premier degré, où le directeur d’école exerce seul les missions qui lui sont confiées, sans adjoint et le plus souvent sans aide pour la réalisation des tâches administratives. »

Ce rapport rejoint notre demande : un statut pour la direction d’école.