Evaluations CP et CE1…

 

Nous retrouvons cette année  pour la seconde fois les évaluations nationales pour chaque élève de CP et de CE1.

Rappelons les objectifs de ces évaluations :

– donner des repères aux enseignants pour aider les élèves à progresser

– permettre d’avoir localement des éléments pour aider les inspecteurs dans le pilotage de proximité

– ajuster les plans nationaux et académiques de formation et proposer des ressources pertinentes

Pour la CFTC-EPR, les objectifs paraissent clairs et sont pertinents, en théorie.

Sur le terrain, il en est autrement ! Ces évaluations ne satisfont pas les collègues. Et pour cause, force est de constater que rien n’est fait pour permettre d’analyser sereinement ces évaluations.

En premier lieu, la CFTC-EPR aurait espéré un bilan de la mise en place de ce dispositif afin d’améliorer cette passation.

La CFTC-EPR constate une fois de plus que le premier degré reste le parent pauvre de l’Education !

Et une fois de plus, le directeur d’école est le volontaire désigné, rouage indispensable, mais non reconnu de son administration, pour orchestrer la mise en place de ce remue-ménage dans son établissement !

Cela commence par le fait que certains directeurs se voient obligés de se rendre dans leurs inspections de circonscriptions voire dans leurs directions académiques pour prendre possession des livrets d’évaluations ! Le déplacement se faisant bien entendu sans ordre de mission et par voie de conséquence sans aucune indemnisation !

S’ensuit alors un moment que chaque directeur apprécie également lorsqu’il doit récupérer les identifiants concernant son établissement, paramétrer ensuite les classes qui permettront aux collègues d’enregistrer leurs résultats…

Viennent ensuite pour les collègues, les moments de corrections, de codage, mais aussi de transcription sur les plateformes sur internet ! Ces heures ne sont déduites de nulle part, mais bien effectives !

Des heures de passation … des heures de correction … des heures d’encodage qui permettent là aussi aux collègues de connaître des moments d’agacement lorsqu’il n’est tout simplement pas possible de se connecter ou d’atteindre le précieux sésame des 100 % corrigés (bien sûr avec une ligne internet chez soi, car peu d’écoles disposent encore à ce jour d’une ligne internet fiable) !

Il fut un temps où les corrections de ces mêmes évaluations nationales étaient rémunérées mais les temps ne sont plus ce qu’ils étaient … et cela se fait désormais sur un petit  « crédit » d’heures APC !

Il serait tout aussi intéressant d’évaluer le coût de l’impression des différents fascicules, du logiciel permettant la mise en place de ce dispositif…

Le Ministère évoque le fait que ces évaluations puissent affiner les informations fournies par la synthèse des compétences de chaque élève en Grande Section de maternelle.

Sur le terrain, la vision en est tout autre ! Aussi, ces évaluations sommatives ne correspondent pas aux attentes des enseignants !

La CFTC-EPR s’interroge ainsi : A quoi servent alors les conseils de cycles ? Etait-il judicieux de placer la Grande Section dans le cycle 1 et le Cours préparatoire dans le cycle 2 ? La liaison était certainement plus simple et plus logique en gardant l’ancienne organisation des cycles !

De plus, à quoi sert en maternelle le « Cahier de réussites, » tant vanté par l’ensemble du corps inspectoral et par les Conseillers pédagogiques,  allant pour certains, jusqu’à harceler des collègues qui refusaient d’effectuer la mise en place de cet « outil indispensable au bien des élèves » …

Les outils existent donc Monsieur le Ministre pour établir au mieux une synthèse des compétences de chaque élève. Nul besoin d’ajouter cette charge fastidieuse !

La CFTC-EPR vous demande de laisser faire les collègues, de leur faire confiance !

Oui, Monsieur le Ministre, ils seront tout à fait capables d’adapter leur pédagogie en fonction des besoins. Si ces derniers jugent qu’une évaluation diagnostique est nécessaire, ils la feront.


La CFTC-EPR demande à ce que les enseignants puissent cesser de travailler avec le sentiment de nourrir des statistiques que quelques chargés de missions au Ministère étudieront pour arriver à la conclusion que les enseignants font… mal leur travail !

Nous travaillons avec de l’humain pas avec des chiffres !

La CFTC-EPR revendique, une fois de plus, que l’on rétablissement la confiance dont les agents ont besoin pour mener à bien leurs missions.