Auteur : olivier VIENNE

 

Directeurs et directrices d’école : avancer sans rien, tel est leur destin ?

 

Les directrices et directeurs d’école craquent et le disent. Ils n’en peuvent plus de ce système hypocrite où ils sont responsables, mais pas vraiment, pilotes mais pas vraiment, organisateurs mais pas vraiment, premiers interlocuteurs mais pas vraiment…

Ils sont le pivot de l’école, mais pas vraiment…

En fait, si…

Lorsqu’une difficulté apparait, le directeur doit être présent et représenter l’Education Nationale. Valet sans titre, il donne encore et toujours plus de sa personne. Ce dernier point est bien connu de notre administration. Un directeur d’école fera tout ce qui est en son pouvoir pour faire fonctionner « son » école. Il se donnera à corps perdu pour satisfaire élèves, parents, hiérarchie, partenaires… au détriment de sa santé, au détriment de son avancée sociale (il n’y en a pas !)

Au quotidien, il endosse une panoplie de casquettes, enseignant, directeur, infirmier, secrétaire, psychologue, informaticien, gérant, chef de chantier… Il est au front à tout moment de la journée et est le premier rempart de l’institution. Parents, administration, partenaires savent qu’il est présent et l’utilisent souvent pour déverser leur mal être, leurs incompréhensions, exprimer leurs difficultés. Le directeur doit écouter, avec bienveillance, répondre avec bienveillance, participer, encadrer, faire, faire faire…

Concrètement, les directrices et directeurs d’école sont présents à l’école pour tout faire et remédier aux difficultés de tous ! Pour preuve, lors du confinement, tous ont reconnu l’importance du rôle de la direction d’école, de son implication dans la sphère Education,

Face à eux, la hiérarchie déplore le manque de reconnaissance, de statut… mais ne fait rien pour remédier à la situation.

Et pourtant…

Tous s’accordent pour dire que la direction d’école est un métier à part entière ! Le temps du directeur enseignant est dépassé ! On demande au directeur d’être pointu au niveau de la sécurité, de gérer une équipe, de l’accompagner, de coordonner le projet de l’établissement, d’être l’interlocuteur privilégié des partenaires… Compétences, capacités, métier qui n’ont rien à voir avec le statut et les missions des enseignants !

Pour rappel, il y a encore quelques années, une association de directeurs d’école avait effectué un sondage, faisant remonter le fait que 93% des directeurs revendiquaient un statut.

Craignant de voir apparaître les petits chefs, nombreux sont les syndicats qui s’y opposent, se proclamant les grands défenseurs de l’Education Nationale, et devenant les grands politiciens de la direction des ressources humaines à moindre coût !

Ces mêmes défenseurs de la direction qui s’évertuent à rabâcher ce qu’il faut faire ou pas faire aux directrices et directeurs d’école, pour la plupart, sans jamais avoir endossé le tablier du directeur ! Ces mêmes défenseurs qui revendiquent les mêmes piécettes depuis 1989 ! Ces mêmes défenseurs qui réclament depuis Mathusalem quelques heures de décharges supplémentaires, une direction collégiale (impossible à mettre en place), une aide à la direction (qui a été supprimée au vu de son manque de statut), une charte entre les directeurs et les IEN (n’apportant rien de nouveau), quelques deniers supplémentaires (pas une grille propre aux directeurs car on fait tous le même métier !)

Pourtant, pour la CFTC-EPR, tous seraient gagnants. L’Education Nationale, l’école, le monde enseignant ainsi que tous les partenaires bénéficieraient de cette avancée notoire.

Une fois de plus, une petite explication sur le statut de la direction d’école semble nécessaire.

Au préalable, lorsque l’on parle de statut, la CFTC-EPR notifie qu’il y a nécessité d’attribuer, en urgence, à l’école un réel statut juridique donnant une vision claire de la gouvernance de l’école de la République du 21èmesiècle. Cette attribution permettrait inéluctablement de réduire les iniquités et inégalités existantes entre les écoles d’une même commune, de communes différentes ! Un CA, composé de parents, de responsables territoriaux et de l’administration, d’enseignants, peut décider, orienter l’aspect pédagogique de l’établissement, guider une école. De plus, ce statut aurait la possibilité de contrôler et d’imposer une municipalité à réaliser les travaux nécessaires à l’entretien du bâti scolaire, la sécurité, l’accompagnement…

Pour la CFTC-EPR, à ce statut d’établissement, doit inévitablement se greffer un statut de la direction d’école définissant ses missions, ses prérogatives et ses moyens.

La CFTC-EPR insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un statut hiérarchique et que les directrices et directeurs d’école n’ont pas à apporter d’appréciation sur les collègues. Il s’agit bien de donner aux directrices et directeurs d’école les moyens juridiques de prendre des décisions dans la gestion de leur établissement (pilotage, organisation, responsabilités, organisation des budgets, autorité administrative, sécurité…). Pour ce faire, les directrices et directeurs d’école doivent disposer d’un cadre clair, dans lequel est notifié leurs devoirs, leurs obligations mais aussi leurs droits, les outils mis à leurs dispositions pour mener à bien leurs missions, droits matériels, financiers, humains. Nous l’oublions souvent, mais la formation de ce personnel devient évidente et réglementaire !

La CFTC-EPR rappelle ici la nécessité d’accorder à chaque école les moyens humains nécessaires pour assurer son fonctionnement, par la mise en place, d’une part, d’une aide à la direction pérenne, d’autre part, d’un AE sécurité sur lequel la direction peut s’appuyer. 

La CFTC-EPR tient à rappeler une fois encore, la nécessité de reconnaître le travail des directrices et directeurs d’école. Cette reconnaissance doit passer par une réelle revalorisation des temps de décharge et par la dotation pour chaque directrice et directeur d’au moins une demie décharge, par une revalorisation salariale et par l’instauration d’une grille spécifique pour la direction d’école, garantissant la prise en compte de leur carrière.

Ce métier étant très prenant, mais usant (surtout dans les conditions actuelles d’exercice.) Il est aussi important que les directrices et directeurs d’école puissent bénéficier de passerelles vers des postes de mêmes catégories des autres ministères. Nous pourrons alors parler d’une véritable avancée !

Que dire de plus ?

Aux détracteurs, aux empêcheurs de tourner en rond, à ceux qui refusent un statut objectif de l’école, de la direction d’école, refusant de voir l’évidence, la CFTC-EPR les invite à sortir de leur bureau matelassé et à assumer actuellement une direction d’école…

Les effets du premier confinement : Quel bilan ?

L’Institut français de l’Education qui dépend de l’ENS de Lyon vient de publier une très intéressante enquête sur les effets du premier confinement. L’IFE a exploité les résultats d’un questionnaire diffusé assez largement à tous les personnels de l’Education Nationale. Ce questionnaire a permis de travailler sur le vécu, les activités proposées durant le confinement, les difficultés et les possibilités nouvelles dues à ce confinement.

Très clairement, le ressenti entre le début du confinement et la fin de celui-ci est différent. Une majorité de personnels se sentaient mal à l’aise avec le confinement au début. Que faire pour garder un lien avec les élèves ? Voilà une question posée. Les problèmes informatiques et le suivi des élèves sont les principaux problèmes au milieu du mois de mars. A la fin du confinement, ce sentiment avait baissé surtout pour les personnels du secondaire que pour ceux du primaire car les élèves sont moins habitués à l’informatique.

Quels problèmes étaient posés ?

1) Tout d’abord une charge de travail plus lourde. Cette charge de travail était due dans la conception des activités proposées aux élèves, dans la recherche d’outils informatiques et numériques adaptés ou dans la créativité qu’il fallait avoir pour suivre un maximum d’élèves.

  • Ensuite des difficultés dans la continuité pédagogique. Le suivi des élèves, voilà tout le problème durant un confinement quand le présentiel est impossible. La mise en œuvre des enseignements ou les adaptations des enseignements ont aussi posé des soucis. Et très souvent, ce sont les plus fragiles de nos élèves qui ont souffert le plus.
  • Egalement les difficultés dans l’utilisation et l’accès aux outils du numérique. Pour suivre correctement, les élèves devaient avoir un bon accès à Internet, avoir des compétences solides dans les outils de l’informatique ou dans le cas contraire demander de l’aide à leurs parents, ce qui n’est pas toujours possible et donc a créé des inégalités croissantes entre les élèves. Aussi la multiplication des canaux d’information (ENT, Pronote, blogs des enseignants…) n’a pas facilité le suivi du travail surtout quand les outils de l’institution n’étaient pas adaptés pour un travail en distanciel.

Pour autant, il faut aussi regarder les possibles aspects positifs de ce confinement, lorsqu’ils existent dans certains établissements. On a pu voir, souvent, la relation entre les parents et les enseignants du secondaire qui a été plus poussée que d’habitude, et le développement, pour certains élèves du secondaire, d’une plus grande autonomie.

A l’heure où les lycées doivent repartir dans un rythme entre le présentiel et le distanciel, la CFTC-EPR propose de prévoir et d’anticiper pour l’avenir sur plusieurs points.

La CFTC-EPR demande une offre de formation en informatique et dans les outils du numérique augmentée. Un chèque numérique pour les personnels pour mieux s’équiper chez soi peut être une solution de court terme. 

La CFTC-EPR comprend la volonté de notre ministre de garder un maximum d’élèves dans les établissements mais demande à ce que les outils numériques soient plus simples et plus adaptés pour l’enseignement en distanciel. Attention, la ligne sera le double enseignement en présentiel et en distanciel. Les enseignants ne pourront faire les deux à la fois.

La CFTC-EPR demande la poursuite du dédoublement des classes en primaire et en secondaire pour permettre un meilleur suivi des élèves et un apprentissage plus adapté aux besoins du siècle présent.

 

Pour une formation à la laïcité !

L’assassinat de Samuel Paty pour son enseignement de la liberté d’expression impose à l’Education Nationale un renforcement de l’enseignement du fait religieux dans notre pays.

Cet assassinat lâche n’est pourtant pas le seul électrochoc qui doit faire réagir. Le dernier rapport de l’IGEN du 13 octobre dernier remis à Jean Michel Blanquer évoque des centaines d’incidents portant atteinte à la laïcité et aux valeurs de la République. Le ministre lui-même a évoqué 400 perturbations à la minute de silence en hommage à Samuel Paty. La question se pose, l’Ecole se doit d’y répondre.

Ce rapport explicite les différentes atteintes que ce soit le port de signes ou de tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse pour 20% des atteintes, le refus d’une activité scolaire (16%) ou la contestation d’un enseignement (13%).

Ces incidents concernent non seulement les établissements secondaires mais aussi de plus en plus les écoles primaires. Nous sommes donc tous concernés !!!

Ce rapport rappelle un objectif de l’Ecole : « Garantir aux enfants et aux jeunes, quelle que soit leur religion ou leur croyance, la délivrance des mêmes savoirs, à l’abri de toute pression religieuse ou de tout endoctrinement dans le respect de la liberté de conscience de chacun et de tous »

Le ministre a commencé à proposer de nouvelles mesures :

  • Un renforcement de la valeur de l’épreuve d’EMC au brevet.
  • Un renforcement du nombre d’heures d’EMC dans les programmes scolaires
  • Un ajout d’heures pour les prochaines rentrées sur les valeurs de la République, la laïcité ou le fait religieux.

La CFTC-EPR approuve la mise en place de ces possibles mesures qui iraient dans le bon sens.

La CFTC-EPR demande également une formation aux valeurs de la République pour l’ensemble des personnels de l’Education nationale car ces sujets sont complexes et méritent du temps.

Aujourd’hui les mots blessent et tuent dans l’Education Nationale, il est grand temps d’arrêter de pousser la poussière sous le tapis et de se concentrer sur ces sujets qui nous concernent tous en tant que professionnels de l’éducation mais aussi en tant que citoyens de la République. 

Mise à jour du FAQ Coronavirus, sur le site de l’Education Nationale…

La CFTC-EPR vous informe des modifications apportées au FAQ concernant les questions qui sont posées dans le cadre de la pandémie, au niveau des établissements scolaires.

Ce FAQ est disponible à l’adresse https://www.education.gouv.fr/coronavirus-covid-19-les-reponses-vos-questions-306136 ou téléchargeable ici.