Auteur : olivier VIENNE

 

La nomination de Pap Ndiaye, un nouvel espoir pour notre métier ?

La nomination de Pap Ndiaye, il y a quelques semaines, comme nouveau Ministre de l’Education, a suscité bien des réactions. La CFTC-EPR n’est pas là pour donner son avis sur la nomination de tel ou tel ministre mais est présente pour défendre les revendications des personnels de notre ministère.

En ce domaine, les revendications et préoccupations restent nombreuses, tant la situation s’est détériorée en 5 années.

Tout d’abord, la CFTC-EPR souhaite un ministre qui soit dans l’écoute, le dialogue avec les organisations syndicales et qui puisse agir en concertation avec elles, en tous cas, celles qui le souhaitent. La CFTC-EPR salue les propos récents du ministre lors de son déplacement en Bretagne où il a affirmé vouloir « réformer avec les enseignants ».

Le sujet brûlant du moment et le plus important depuis de nombreuses années reste celui du pouvoir d’achat. Entre le gel du point d’indice depuis 2010 et l’inflation en hausse ces derniers mois, le sujet reste plus que jamais d’actualité. La CFTC-EPR réclame un rattrapage du point d’indice de 20%.

Le deuxième sujet à traiter sera celui de la reconsidération de TOUS les métiers de l’enseignement. La CFTC-EPR ne peut se résoudre et dénonce avec force ces recrutements de contractuels dans la précipitation lors de « job dating » comme dans l’Académie de Versailles qui dévalorisent encore plus l’image de nos métiers dans les médias et la société.

NON, un professeur ne se recrute pas en 30 minutes lors d’un entretien mais après 5 années d’études et après une formation solide et qualifiante.

La CFTC-EPR réclame toujours la réduction du nombre de contrats précaires et  de contractuels car les économies réalisées sont infimes par rapport à la désorganisation du travail et du bien-être dans nos établissements.  

Il y a encore bien d’autres sujets, nous aurons le temps d’y revenir.

La CFTC-EPR souhaite la bienvenue à notre nouveau ministre et qu’il sache que la CFTC-EPR est prête à discuter et faire avancer tous les dossiers jugés comme prioritaires par les personnels de l’Education nationale.

Les Dotations Horaires Globales des années futures : Subir ou agir ?

Depuis plusieurs années, quand les dotations horaires globales (DHG) tombent dans les établissements, le constat est le même : Le nombre de classes qui ferment est supérieur à celles qui ouvrent. Une permanence nous touche, la démographie est stable ou en baisse.

Actuellement, la vision du ministère est assez comptable : Moins d’élèves, cela signifie moins de classes. Il est temps de réagir et de porter un autre projet pour nos élèves et d’avoir une vision plus qualitative de l’enseignement. C’est la vision portée par la CFTC-EPR.

Il est toujours dommageable de perdre son poste dans un établissement, surtout quand on s’y est investi depuis plusieurs années et que « l’équipe tourne », apportant une plus value pour nos élèves. Le maintien du nombre de postes doit être acté dans un premier temps pour maintenir cette cohésion et développer d’autres politiques innovantes, concrètes réclamées à la fois par nos collègues et le ministère.

En plus de ce maintien du nombre de postes, la CFTC-EPR demande à ce que la marge d’autonomie laissée à chaque établissement soit revue à la hausse en fonction des projets et demandes présentés par les établissements. Ces deux mesures permettront de créer cette part d’autonomie nécessaire au bon fonctionnement d’un établissement pour répondre aux besoins locaux tout en restant dans un cadre national.

La CFTC-EPR souhaite cette souplesse donnée aux établissements tout en restant dans une politique éducative commune au niveau national.  

C’est le moment pour nous, Professeurs du second degré, de revendiquer ces mesures et de concrétiser ces projets toujours reportés de dédoublement de classe, de soutien ciblé, de création de projets ambitieux ou de co-intervention dans les classes, pour permettre de casser les barrières entre les disciplines et faire vivre notre enseignement.

Les cités éducatives, nouvellement créées, ne doivent pas être qu’un projet d’affichage ministériel ou un combat d’influence entre différents acteurs notamment politiques. Elles doivent être au service des élèves et de la communauté éducative. Pour cela, des enseignants volontaires et détachés plusieurs heures doivent avoir du temps pour être des relais et des porteurs de projets.

La CFTC-EPR est prête à ces changements, ne reste pas immobile devant ces évolutions mais gardera son fil rouge : La qualité de travail des enseignants !

Rapport de la Cour des comptes sur l’absentéisme… La nécessité d’une médecine de prévention !

Le rapport de la Cour des Comptes sur l’absentéisme dans notre ministère vient d’être publié et il est assez intéressant à lire. La Cour distingue deux types d’absence, l’absence personnelle de l’agent pour raisons personnelles et notamment de santé et les absences pour cause d’autres taches pédagogiques.

Nous nous concentrons sur le premier sujet pour cet article. La Cour rappelle un élément qui motive à limiter les absences ; l’Etat peut être condamné juridiquement quand il y a absence de continuité pédagogique car chaque élève a droit à un enseignement de qualité.

Les absences pour congés maladies représentent plus d’un tiers des absences (36%) et on peut y ajouter les 11% d’absence pour question d’enfant malade. On obtient environ la moitié des absences. La première cause de congés maladies est liée aux maladies ordinaires qui circulent (87%) des absences.

Selon d’autres chiffres, les enseignants travaillant sur des zones de remplacement, les enseignants travaillant dans plusieurs établissements ou les enseignants travaillant en zone prioritaire sont davantage absents que les autres.

La Cour regrette un mauvais suivi des absences pour congés maladies et une faible connaissance de la santé des agents par le ministère.

La CFTC-EPR ne peut qu’approuver ce constat. Les causes sont connues. Un seul chiffre, édifiant : 82 médecins du travail pour 1,1 million d’agents.

La Cour recommande la mise en place dans tous les établissements d’un DUERP (Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels) qui existe depuis 20 ans mais encore trop peu connu. Elle demande un suivi des personnels en matière de santé pour les accompagner. La moitié des enseignants auront un problème de voix durant leur carrière.

La CFTC-EPR approuve ces demandes.

La CFTC-EPR demande également l’embauche en masse de médecins du travail pour pallier les manques criant dans notre profession, ce que ne réclame pas le rapport. C’est la mesure prioritaire pour une baisse importante des absences liées à des congés maladies.

ISSR…

L’ indemnité de sujétion spéciale de remplacement (I.S.S.R) augmentera-t-elle un jour ?

Si le point d’indice reste quasiment gelé depuis plus de 10 ans, il en va de même pour l’ISSR. Oserions-nous dire l’augmentation du prix du litre de diesel en 10 ans : elle frôle les 60 %…

Monsieur le Ministre, il n’est plus acceptable de maintenir ces montants.

La CFTC-EPR se fait un devoir d’exiger la revalorisation de l’indemnité de sujétion spéciale.