Catégorie : 1er degré

 

Comment revaloriser le métier d’enseignant ?

La revalorisation du métier d’enseignant est un vieux serpent de mer, jamais réellement résolu par les nombreux ministres de l’Education nationale qui se sont succédé depuis des années.

Cette revalorisation ne passe pas simplement par l’aspect financier même si un plan pluriannuel sera indispensable pour rattraper les quelques 20 à  30% de perte de pouvoir d’achat des enseignants depuis les années 1980.

Cette revalorisation suppose une vision globale de ce métier.

En premier lieu, il faudra réaffirmer la question du statut d’enseignant créé dans les années 1950. Ce statut permet de donner une autonomie aux enseignants dans leur travail. Cette autonomie, qui ne cesse d’être limitée depuis plus d’une dizaine d’années, est un facteur d’attractivité de ce métier. Les enseignants veulent rester des concepteurs de leur métier et non devenir de simples exécutants d’une pensée ministérielle.

Deuxièmement, si autonomie des établissements il doit y avoir, elle ne doit s’inscrire qu’en termes pédagogiques, en faisant du conseil pédagogique, une instance décisionnelle. Une co-construction réelle entre les personnels d’encadrement et les personnels enseignants du projet pédagogique permettra à chacun d’y apporter son regard professionnel dans le but de faire réussir nos élèves. Des moyens supplémentaires dans la DHG devront être donnés suivant les projets de l’établissement (co-enseignement, dédoublement de classes, orientation développée…).

Troisièmement, il faudra renforcer les moyens de formation continue des personnels qui sont très disparates d’une région à l’autre. Nombre de formations se font encore dans la capitale de région et une certaine délocalisation serait la bienvenue notamment dans des régions géographiquement très vastes. Un besoin de formation à renforcer également pour les collègues qui souhaiteraient une reconversion de carrière.

Pour la CFTC-EPR, il est nécessaire de recréer de l’attractivité pour nos métiers de l’enseignement.

La CFTC-EPR reste disponible pour débattre de ses propositions, faire avancer la réflexion et la rendre réalisable sur le terrain.

Pour des classes à 24 élèves…

« L’école est un levier essentiel d’égalité territoriale comme de justice sociale. »

Ces paroles prononcées par le Président de la République ne peuvent qu’être approuvées.
Après le dédoublement des classes de GS, CP et CE1 en éducation prioritaire, cette année, le Gouvernement a décidé de limiter à 24 l’effectif de ces mêmes niveaux hors éducation prioritaire (actuellement 38 % du total des classes de ces niveaux ont des effectifs supérieurs à 24).

Cette volonté se traduira par la création de 3000 à 5000 classes supplémentaires.

La priorité de cette rentrée était de faire bénéficier de ces mesures les plus forts effectifs au-dessus de 24. Pour la rentrée 2022, l’ensemble des classes sera concerné.

Pour la CFTC-EPR, cette mesure va dans la bonne direction : cette « mobilisation pédagogique pour la lecture et les mathématiques » ne pourra qu’améliorer les conditions de travail des élèves mais aussi des enseignants.

Une seule remarque. Il n’est pas question de « déshabiller Pierre pour rhabiller Paul ».

Il ne faudrait pas en effet qu’en voulant limiter les effectifs à 24, on augmente ces derniers dans les autres classes, voire, on refuse l’inscription d’élèves en TPS pour permettre cette nouvelle organisation pédagogique… Car là, ce « levier d’égalité territoriale et de justice sociale » perdrait tout son sens !

De plus, cette mesure peut montrer, si besoin était, l’accueil privilégié qui est réservé aux élèves dans l’apprentissage de la lecture dans le l’enseignement public.

Bilan du dispositif vacances apprenantes…

L’opération Vacances apprenantes ou le retour d’une expression latine : Mens sana in corpore sano (Un esprit sain dans un corps sain).

Durant cet été 2020, notre ministre a créé le dispositif Vacances apprenantes pour les élèves volontaires qui souhaitaient garder un lien avec le milieu scolaire. Ce dispositif s’est appuyé sur l’opération « Ecole ouverte » qui existe depuis de nombreuses années ou des stages en colonies de vacances pour offrir des cours de remise à niveau et une offre sportive et culturelle aux élèves inscrits.

L’objectif d’un million d’élèves inscrits a pratiquement été atteint cet été (950 000 selon le ministère) et ce dispositif mériterait d’être pérennisé et même amplifié.

En effet quoi de plus bénéfique pour nos élèves que des révisions et des remises à niveau en petit groupe, que des découvertes de régions et de milieux inhabituels, que la découverte de sports et d’activités en lien avec la nature qui suppose le dépassement et l’esprit d’équipe. 

La CFTC-EPR propose et soutiendra la poursuite de ces activités bénéfiques pour nos élèves.

 La CFTC-EPR propose le développement de bourses à projets pour les professeurs ou personnels volontaires de l’Education Nationale souhaitant créer un projet ou un voyage qui allie cette recherche d’exigence scolaire, de découverte de nos régions et de pratiques sportives qui exigent un dépassement de soi.

Une génération d’élèves qui apprennent, se dépassent et développent un esprit critique et de solidarité : Voilà des bases solides pour affronter la vie adulte !

Consultation du ministère…

Dans le cadre de la concertation avec les organisations syndicales depuis le début de cette année, le ministère de l’Education Nationale poursuit plusieurs objectifs : la revalorisation salariale,  l’amélioration de la gestion des ressources humaines… 

Sont abordés, ainsi, la gestion des parcours des professeurs, leurs missions, leur formation continue, leur bien-être au travail et l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

Comme annoncé par le Ministre, une consultation en ligne est lancée au personnel de l’Education Nationale, en ce sens, du 3 au 17 mars, à l’adresse suivante :

https://consultation-professeurs.fr/cgi-bin/cawi/Q/p2002opi004/p2002opi004.pl

Une synthèse sera transmise ensuite, qui sera utilisée selon le Ministre pour faire évoluer le métier des enseignants.

La CFTC-EPR approuve le fait qu’il est urgent d’améliorer les conditions de travail des personnels de l’Education Nationale.

Cependant, la CFTC-EPR s’interroge sur ce type de questionnement fermé et orienté.

Que dire d’un questionnaire ouvert à tous, où tout à chacun peut participer autant de fois qu’il le souhaite ? Ce questionnaire, qui s’appuiera sur des données tronquées, pourra-t-il donner un résultat honnête et fiable ?

A-t-on besoin d’une énième consultation pour confirmer que les conditions de travail des enseignants sont désastreuses ?

Les causes du mal être des enseignants peuvent être nombreuses : bâti scolaire vétuste, conditions d’hygiène et sécurité difficiles, matériel désuet voire inexistant, pression quotidienne de la hiérarchie et des parents, manque de moyens humains, disparité importante des moyens d’une région à une autre, incivilités grandissantes, écoles non sécurisées, effectif important dans certaines classes…

Interroger les collègues sur leurs principales sources de déception ! La CFTC-EPR rappelle ici que la liste est longue et qu’aucun décideur ne prend en compte ce qui est dit, à travers les motions syndicales, les courriers destinés au ministre, les manifestations, les grèves ! Le personnel de l’Education Nationale est en souffrance ! Les conditions de travail sont catastrophiques ! Dans le premier degré, les écoles évoluent en fonction des bonnes volontés des municipalités ! Régulièrement, des agents se font agresser ! Le manque de soutien de la hiérarchie est criant d’impuissance ! Le pouvoir d’achat continue son déclin ! Les enfants rois, érigés en tant que tels par leurs parents et la société, ne font plus d’efforts pour apprendre. Nombreux viennent à l’école par obligation, ne savent pas pourquoi ils y sont, et l’enseignant doit les intéresser, par diverses activités. L’école sanctuarisée est terminée, et il revient à l’enseignant de s’adapter continuellement ! Cependant, toute adaptation a ses limites ! Sans aide de la société, l’Education Nationale se meurt et ne fait plus recette ! Il suffit de voir les nombreuses places non pourvues aux différents concours de l’Education Nationale.

L’Education Nationale, ne peut plus, à elle seule, répondre aux multiples sollicitations et manques de la société.

Et si l’on prenait en compte, pour une fois, les besoins de ce personnel ?

Les rapports qui expriment la situation catastrophique des enseignants sont nombreux :

  • Rapport parlementaire du 20 juin 2012, de la mission d’information sur le métier d’enseignant évoquant la souffrance des enseignants, début 2012,
  • Le rapport « Le métier d’enseignant au cœur d’une ambition émancipatrice » analyse les manifestations de la crise du métier et l’exacerbation des conflits de travail,
  • Une étude de 2016, faite par la Division des études du Ministère de l’Education Nationale, qui s’appuie sur l’enquête plus globale menée par la Darès, qui a la particularité de comparer les risques psychosociaux des enseignants à ceux des autres cadres du privé ou du public,
  • En mars 2017, la MGEN effectue un rapport sur la souffrance au travail des enseignants où est notifié « 90 % des salariés ont la nette impression que la souffrance au travail progresse… »

Les solutions préconisées restent toujours en attente d’être mises en place…

Mais, que souhaite le personnel de l’Education Nationale ?

La CFTC-EPR rappelle ici une synthèse des revendications exprimées : pour un meilleur salaire, une retraite honnête et juste, de meilleures conditions de travail, un statut de la direction d’école, un statut de l’école du premier degré, une formation continue qualifiante et diplômante, la possibilité de créer des passerelles tout au long de la carrière et pouvoir changer de ministère, pouvoir évoluer dans sa carrière, une vraie considération du métier, un Comité Social Economique avantageux financièrement…

Pour la CFTC-EPR, le métier d’enseignant n’est pas reconnu, ni financièrement, ni socialement. Il appartient à Monsieur le Ministre de faire changer les lignes budgétaires !

La CFTC-EPR revendique des améliorations concrètes visant à réduire le mal être du personnel de l’Education Nationale et demande à Monsieur le Ministre de tout mettre en œuvre en ce sens.